Dans une formule resserrée et très justement baptisée Zeuhl Kommandöh, Magma nous a proposé une belle série de 5 concerts consécutifs en cette dernière semaine de janvier.
La promesse de l’expérience immersive a été tenue : c’est ce luxe qu’offrent les petites salles comme le Triton, grâce à la proximité avec les artistes, d’avoir la sensation d’être littéralement dans la musique avec eux.
Coté public, une assemblée quasi exclusivement masculine comme l’a fait remarquer avec plus ou moins de finesse JP Vivante dans son discours d’introduction, comptant des fans venus de loin (Chili, Japon) pour l’occasion . On a retrouvé aussi le jeune garçon qui était monté sur scène auprès de Christian à Nantes et lors de la répétition publique de novembre 25, apportant un peu de jeunesse dans ce cénacle.
Affranchi des chœurs qui avaient charmé nos oreilles ces dernières années, ce Magma-là opère un retour aux sources. Un Magma brut, minéral, qui a rappelé aux afficionados de longue date l’esprit du groupe des seventies. C’est la face plus dure qui s’exprime ici, sans concessions : sombre, puissante, implacable. Et quel kif !
Je ne choisirai pas entre cette version radicale et le Magma choral : ce sont deux expressions complémentaires d’une musique qui, comme nous l’avait prouvé le splendide akoustik wokaahl, se réinvente et s’incarne dans des formes multiples sans perdre de sa saveur . Evidemment on n'est pas emmenés dans le même monde ni dans la même ambiance, mais c’est aussi ça qui en fait la richesse !
Une des forces de cette proposition est sans doute de laisser de la place aux instruments pour faire respirer la musique, de donner à entendre véritablement le jeu et la richesse de chacun d’entre eux. Ainsi, la révélation de cette série de concerts est sans doute le bassiste Charles Lucas. Dans une configuration minimaliste où chaque instrument s'entend pleinement, il fallait une basse présente et "sérieuse" . C’est ce que nous a proposé Charles, avec un jeu parfaitement adapté au répertoire, à la fois lourd et swinguant, et dont on pouvait ressentir la vibration dans le sol aux premiers rangs. Sur scène, de beaux échanges de regard entre lui et Simon, une concentration intense - imaginons le travail qu'il a dû fournir pour, en moins d’un mois, apprendre tous ls morceaux ! Cela faisait un moment qu’on n’avait pas entendu un son de basse comme ça dans Magma, et ça fait bien plaisir. Il faut aussi saluer le défi relevé par Hervé, qui a assuré seul pendant les cinq soirs le lead vocal, avec des pièces exigeantes sollicitant toutes les ressources de sa voix.
On a aussi pu remarquer l’évolution de son attitude scénique : regards très expressifs, gestes évoquant parfois ceux de Christian, marche immobile calée sur le martèlement de la batterie, accentuant l’aspect martial et nous emmenant avec lui dans cette traversée. Le plus impressionnant reste Christian et son incroyable énergie … Je retiens , entre autres, cet instant solennel quand il se lève derrière la batterie pour déclamer Ëk da ëhrdzort fuh osk : le rite s’accomplit entre lui et Hervé dont les voix se tissent dans une tension hypnotique.
S’il fallait comparer les 2 concerts auxquels nous avons assisté (les 2 derniers de la semaine) , je dirais que celui du vendredi était plus «fou» et celui du samedi plus «précis» musicalement .
Nous avons eu la chance de redécouvrir un superbe Theusz Hamtaahk, œuvre rarement donnéesur scène, surtout à un tel niveau, et une version magistrale de M.D.K. , rappelant celle de l’album de 73. Dommage pour nous, pas de Zombie cette fois, mais on comprend que l’équipe ait fait le choix d’y renoncer afin de pouvoir tenir sur la durée. En bis, Ehn Deiss comme nous en avons pris l’habitude désormais, réarrangé pour s’adapter à la nouvelle composition du groupe, la partie de Stella restant confiée à la guitare de Rudy. C’est toujours un moment d’émotion et, en l’occurrence, une façon de clore la soirée dans l’apaisement après le déferlement qui aura précédé.
En résumé : un Magma exigeant, sans fard et plus vivant que jamais, que nous espérons revoir souvent en 2026 !






Encore un très bel article Eurydice !! Et en plus, le plaisir de parler avec toi 😘. À très vite pour un autre concert 🎵 volcanique !
RépondreSupprimerFrançois « Mag Ma »
J’ai beaucoup apprécié le concert de mardi ou j’étais.. j’avoue ne pas comprendre la raison expliquant pourquoi ne pas avoir joué Zombies plus tard … Tenir sur la durée ??
RépondreSupprimerBonjour, après le concert de samedi soir, j'ai discuté avec Christian Vander lui demandant pour quelle raison "Zombie" n'avait pas été joué. Il m'a expliqué qu'enchaîner ce morceau après Theusz Hamtaahk était très compliqué en intensité et qu'en accord avec les musiciens, il a été décidé de ne plus jouer ce morceau les 2 derniers soirs. D'ailleurs les musiciens, après les concerts du début de semaine, avaient signalé à Christian que cet enchainement était difficile car il leur fallait beaucoup d'énergie et de concentration.
SupprimerBon admettons mais en même temps c’est pour cela qu’on aime Magma c’est l’enchaînement des morceaux qui demandent intensité et concentration. Si c’est la raison alors ne pas le jouer après TH mais après Auroville
RépondreSupprimerlol le spectateur paye pour écouter de la musique donc l’explication / excuse n’est pas entendante .Cette explication relève de la plaisanterie et de la complaisance
RépondreSupprimerIci Castelnaudary 🚨
RépondreSupprimerJe vois une autre série de concerts programmée en juillet au Triton..
Une tournée sera-t-elle prévue également ?
(nb amoureux de Magma depuis 1973 1er concert au théâtre du Taur à Toulouse, je suis venu 2 fois au Triton, au Casino de Paris et à la Philharmonie Mais on ne peut pas toujours eh non
Allez on espère