samedi 14 mars 2026

Avec les années Eskaton n'a rien perdu de son ardeur

Initialement paru en 1980, sans réelle distribution, Ardeur a longtemps fait figure de 1er album du groupe, formé 10 ans auparavant. Eskaton avait pourtant enregistré, 1 an plus tôt, 4 visions qui vit ultérieurement le jour sous la forme d'une cassette aux Etats-Unis avant de connaître plusieurs rééditions en LP ou CD.

Face à ce premier essai, Ardeur présente des titres plus courts, plus ramassés même si Magma reste le grand inspirateur. Fender Rhodes, chœurs féminins (mais paroles en français), basse "grondante" se conjuguent dans la grande tradition zeuhlienne. Toute réédition peut être œuvre de démystification mais force est de constater que cet album, malgré quelques jolies rides, attachantes d'ailleurs, garde un attrait certain, faisant même figure de modèle du genre. C'est joliment envoyé, avec esprit et énergie et j'avoue avoir redécouvert pas mal de nuances sonores grâce à un remastering qui a bien éclairci l'enregistrement original, le tout étant livré sur un LP blanc de belle facture. Joli bonus avec un maxi reprenant le 45 tours de 1979 et 3 titres inédits plus tardifs.

Selon nos meilleurs espions cette édition se vendrait très bien, à tel point que les 500 copies devraient partir assez vite, ce qui n'est que justice pour Alain Lebon (à quand une réédition CD ?) et Soleil Zeuhl. Je ne saurais trop vous conseiller de ne pas tarder...

En vente ICI

mercredi 4 mars 2026

Un nouvel EP pour Thierry Zaboitzeff : Artefacts

 

Avec Artefacts, Thierry Zaboitzeff signe un opus habité, dont les compositions portent un regard à la fois sensible et profond sur le monde et sur la condition humaine. Il y explore la relation à l’autre, aux autres, à la nature, et interroge les grandes énigmes de l’existence.

Dans un univers poétique, dense et chargé d’émotion, l’artiste sculpte des paysages sonores d’une remarquable richesse, à la fois intentionnelle, émotionnelle et technique. Basse, violoncelle, claviers, voix et textures de studio s’entrelacent avec subtilité dans un jeu raffiné de matières et de résonances. Griffures sonores, chœurs suspendus évoquant  Drum,Drum, piano préparé, phrasés de claviers aux sonorités moogiennes, stridences aux accents zoydiens dialoguent à distance, tandis que les percussions et les lignes de basse haletantes insufflent une tension organique, toujours imagée.

Des influences assumées et parfaitement maîtrisées affleurent, telles un écho à la trompette atmosphérique de Jon Hassell ou aux saxophones aux teintes nordiques de Jan Garbarek, ainsi qu’à Krzysztof Penderecki et aux rythmiciens du début du XXᵉ siècle.

Artefacts convie l’auditeur à contempler un horizon troublé, altéré par quelques artefacts — mirages contemporains évoquant autant les vibrations fantasmées des cités antiques que certaines visions mythologiques amérindiennes. Entre chaleur urbaine et imaginaire ancestral, Thierry Zaboitzeff façonne un monde immersif où l’on se laisse volontiers absorber, inquiet et dubitatif face au monde à venir. Les titres proposés instaurent un dialogue constant entre espaces intérieurs et réalités extérieures. L’artiste devient passeur entre visible et invisible, entre beauté et absurdité du monde contemporain. Les influences multiples — rock, musique classique, minimalisme ou électronique — sont ici transcendées, dépassées, portées au-delà des esthétiques convenues. L’univers musical de Thierry Zaboitzeff s’impose comme un style à part entière, affranchi de toute catégorisation.

Son œuvre s’apparente à une danse rituelle : libre, habitée, essentielle.

Un projet à découvrir sans réserve, bien au-delà des cercles initiés, pour tous les auditeurs en quête d’expériences sonores singulières et profondes.

Thierry Moreau


Disponible ICI

dimanche 1 mars 2026

Utopic Sporadic Orchestra, ou USO...? UFO dans le monde zeuhlien ?!!?

Début d'année très fourni pour les éditions Soleil Zeuhl, label indépendant méritant tout votre soutien, qui réédite en ce début d'année l'album de Jannick Top, le fameux Utopic Sporadic Orchestra, enregistré en direct à Nancy le 16 octobre 1975. Si Jannick lui même sur son label Utopic Records l'avait édité en CD en 2001, il est ici en vinyle et augmenté des 2 titres de son 45 tours sorti la même année.

La couverture de l'album, de Nicolas Camillini (qui pourrait être une création du légendaire M. C. Escher,) avec ce motif en trompe-l'œil, évoque bien une certaine constante dans le travail de Jannick, avec des boucles revenant sans cesse (sur Mekanik Machine aussi), sans fin, ainsi que la teinte verdâtre pouvant exprimer cette horreur d'entrée dans l'ère atomique préfigurant le titre phare de cet album, De Futura. Les photos n&b sont de Michel Adda et Eric Courtin et le feuillet écrit historico-technique est de Jean-Christophe Alluin & Thierry Moreau.

L'on trouve sur ce disque, face 1, Utopia Viva (4'35") et De Futura Part I (12'40"), et face 2, De Futura Part II (11'09") et Epithecanthropus Erectus (4'32"). 

De Futura, ici découpé en deux parties pour cause de vinyle, est enregistrée en live à Nancy. La formule voulue par J. Top, mêlant des musiciens issus de divers univers n'est pas sans rappeler celle de Centipede sur "Septober Energy" sous l'égide de Keith Tippett et sa pléthore de musiciens. Le résultat, qui aurait pu semblé "symphonique" ne donne pas cette impression de grand orchestre mais pourtant l'on perçoit des séquences avec les cordes, les claviers ou les percussions (Christian très en forme !) sont  mises en avant. Cette version, jouée pour la première fois en public à l'occasion du Nancy Jazz Pulsations (nom prédestiné !) sera par la suite assez différente, en particulier pour la première partie. Ce qui rend d'autant plus l'écoute de ce disque indispensable. Il est assez amusant de savoir que ce titre, joué de manière plus ou moins continu par Magma est pourtant bien différend de ses climats habituels, bien que les titres d'Üdü Wüdü s'en rapprochent. Exception confirmant la règle...

Les deux titres venant du simple Utopia Viva, épuisé depuis longtemps, furent réédités en 2001 sur le CD "Soleil d'Ork", Jannick les ayant rallongé en studio. Nous sommes bien dans son univers, sons de basses puissants, boucles incessantes, pas ou peu de voix, musique quelque peu robotique, tout y est !

Alors, De Futura, OVNI dans le monde zeuhlien ? A vous de voir...

SP Utopia Viva

Tirage très limité de 1000 ex..., dépêchez vous avant qu'il ne soit trop tard !

Utopic Sporadic Orchestra chez Soleil Zeuhl, à acheter Ici.