Ce samedi nous avions rendez-vous au Triton, pour le troisième et dernier concert de cette série estivale -certains, qui ont eu la chance d’assister aux 3, diront le meilleur de la série.ça démarre très fort avec De Futura, sirènes hurlantes qui cueillent dès les premières secondes, ambiance lumineuse dense assortie de flash, qui évoque la mise en scène originelle. (L’occasion pour moi de quelques réminiscences de l’espace Julien à Marseille en 96, Bertrand Cardiet au micro …). Un morceau qui n'avait pas été joué depuis pas mal d'années et qui, grâce à l'arrivée de Charles, redevient possible. Il ne pourra que se bonifier au fil des du temps : la nouvelle formule - qui ne s'appelle d’ailleurs plus Zeuhl Kommandöh mais tout simplement Magma, se prête particulièrement bien à ce genre de pièce. Quand on sait le peu de répétitions « tous ensemble » dont le groupe dispose, on ne peut qu’être admiratif du résultat sur scène. On sent d'ailleurs que le collectif a pris ses marques : c'était déjà très bien en janvier, mais là, on est un cran au-dessus.
Après De Futura vient un MDK intense, dans une version raccourcie, amputée des chants zeuhl, et au tempo un peu ralenti. Le chorus de guitare de Rudy y laisse entendre « le cri », rappelant les hurlements de Christian d'une certaine époque. C’est d’ailleurs une des plus-values de cette version à effectif réduit : laisser l’espace aux musiciens pour s’exprimer pleinement, retrouver un mordant qui s’était, de fait, un peu adouci avec la grande formation vocale.
S’en suit une vingtaine de minutes d’entracte, et la reprise se fait avec Auroville, devenu un morceau traditionnel du répertoire, pour Simon et Thierry (en sobriété cette fois), dans une coloration un peu plus zeuhl que d'habitude.
Le deuxième set se clôt avec Theusz Haamtak, comme en janvier. Là aussi, un tempo un peu retenu mais cela ne nuit pas au morceau. On retrouve les moments phares, avec les machines et le très hypnotique rite, faisant dialoguer Christian et Hervé.
Il faut d’ailleurs saluer encore une fois l'engagement et la prestation vocale d'Hervé, seul pour assurer une partition plus qu'exigeante. On a trouvé Christian en grande forme, vocalement plus à l'aise qu'en janvier, avec quelques plaisanteries — moins que les autres soirs, d'après ce qu'on en a entendu, mais souriant et heureux d’être sur scène, dans une ambiance que l’on sent détendue au sein du groupe. À n’en pas douter, la perspective de la tournée 26-27 qui s’annonce est très porteuse pour tous. Après une première standing ovation, ce fut Ehn Deiss en rappel, toujours plein d’émotions, dans l’harmonisation qui a été adoptée cette année. Deuxième standing ovation ensuite, d’une salle au public international (on a croisé des afficionados venant du Chili, d’Italie, d’Allemagne et des USA) et mixte y compris en âge(des jeunes métalleux, notamment, probablement conquis à l’occasion des participations de Magma au Hellfest). On soulignera également un son très satisfaisant -ce qui n’arrive pas si souvent il faut bien le dire.
Bref, une bien belle soirée. On attend avec impatience l’ensemble des dates et lieux de la nouvelle tournée.
Eurydice Anahé : Mots et images.
































