mardi 13 janvier 2026

De la Zeuhl au lyrique

Comme on le sait, chacun des membres de Magma a son propre chemin artistique. On a pu le constater encore en 2025 avec les albums d'Hervé, de Gorgone ou de Sylvie.

C'est ainsi que début décembre, j'ai eu la chance d'assister à un très joli concert, intitulé « L’orgue sauvage » .

Loin des sentiers de la Zeuhl (quoique …), un conte musical qui rassemblait la voix de Caroline et celle de l’orgue de l’église de Bouc Bel Air, joué par Cécile Maurel. 

Autour d’airs classiques (de Bach à Fauré en passant par Debussy et Moulinié) et de compositions contemporaines (de la plume de Cécile Maurel elle-même), se bâtit un conte sur l’histoire d’un orgue oublié, découvert par un jeune musicien qui y composera ses premières œuvres, avant d’être volé. Le conte s’enracine dans un écrit de Lucienne Desnoue, et fait la part belle à l’amour de la musique comme à celui de la terre de Provence . 

On aura tous pu découvrir et admirer le talent de Caroline dans Magma, notamment lors de la dernière tournée où elle a pris le lead vocal féminin en l’absence de Stella.   C’est une autre dimension ici quand, revenant à sa formation initiale, elle nous offre toute la puissance et la chaleur de sa voix lyrique.

Sonorisée pour la partie récit uniquement, elle n’a pas besoin, en vraie cantatrice,  de micro pour emplir toute l’église de son timbre lumineux de soprano lors des passages chantés.  Ce choix judicieux lui permet,  grâce sa diction précise, d’être entendue et intelligible sans forcer en tant que récitante, pour ensuite laisser s’envoler sa voix, sans aucun intermédiaire entre elle et nous.

 

On retrouve aussi la sobriété de sa posture, loin de tout bluff ou falbala, donnant toute la place à la voix et à la musique, sans jamais marquer l’effort ou la difficulté. (Je serai toujours impressionnée par cette façon, chez les chanteurs lyriques, d’aborder des morceaux parfois incroyablement complexes tout en donnant l’impression de facilité et d’aisance …)

Coté public, l’église était pleine, des personnes habituées à ce type de répertoire, plutôt d’âge mur mais aussi des familles attirées par l’aspect conte de Noel. Une belle qualité d’écoute et des applaudissements nourris ont été au rendez-vous. 

Cette simplicité s'est exprimée aussi après le concert, auprès des personnes venues la féliciter et poser la question qui devait leur trotter dans la tête depuis la lecture du programme : c'est quoi le rock progressif ? C'est quoi Magma ? (Car bien sur ces éléments n'ont pas été omis dans la présentation des artistes sur le feuillet de programme !).

Chaque fois elle aura su répondre avec le sourire en quelque mots à chacun, prenant le temps pour ces échanges avec les spectateurs admiratifs.

Je ne saurai trop, même si vous n’êtes pas familier avec le chant lyrique, vous inciter à aller écouter cette proposition si ce beau duo se produit près de chez vous !


Eurydice Anahé




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