Le nouveau disque de Corima marque une étape décisive dans Son évolution artistique. On est d’emblée frappé par la qualité de la production et la clarté du mixage, à la fois puissant, ample et précis.
L’influence du Zeuhl demeure perceptible, mais Corima a su s’en détacher pour affirmer une identité singulière. Les compositions laissent transparaître des influences sous-jacentes de formations telles que le Magma guerrier, Koenji, Area – International POPular Group et Arti & Mestieri, figures majeures du rock progressif et du jazz-rock italien. La dynamique générale évoque également l’intensité rituelle de Kōenji Hyakkei et du RIO et par certains côtés King Crimson.
La pulsation de Corima est dense et incandescente : les musiciens, tous virtuoses, occupent pleinement l’espace sonore. Basse, batterie et claviers s’entrelacent dans une mécanique à la fois obsessionnelle et hypnotique, maintenant une tension rythmique constante, sans relâchement. Le son est massif, mais toujours lisible et structuré. Le concept de l'album évoque l’impulsion organisatrice de l’existence, le centre qui maintient le monde uni et garde dans une universalité.
Là où nombre de groupes issus de la mouvance para-Zeuhl sombrent dans les clichés formels, Corima parvient à s’en affranchir. Leur singularité ouvre de nouvelles perspectives à ce courant musical, en lui apportant fraîcheur, profondeur et une véritable personnalité sonore. Après Quetzalcoatl (2012) et Amaterasu (2016), le groupe explore ici de nouveaux horizons et confirme une maturité artistique pleinement assumée.
Thierry Moreau

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