Zeuhl forcément mais aussi autour, ailleurs et surtout libre de toutes chapelles... Vidéos, sons, archives... le meilleur est à venir... ici ! Definitely Zeuhl but all around it too, elsewhere and above all free from all clans… Videos, sounds, archives … the best is to come… here !
mardi 18 octobre 2022
Une archive live d'Uppsala en 1982 bientôt disponible
vendredi 14 octobre 2022
Vous aussi écrivez-nous votre chronique de Kãrtëhl
Musicologue averti, auteur d'une encyclopédie exhaustive de la création musicale en tous genres dans le département des Deux-Sèvres (Micro Faunes, 30 ans de création musicale en Deux Sèvres, Geste Editions), chanteur semi-professionnel au timbre de voix élégant, également auteur d'une trilogie de romans policiers prenant place dans sa ville de Niort (Geste Editions), Philippe Guillemoteau n'oubliera certainement pas ce jour de 1976 où il remporta avec son groupe du moment, dénommé Alcide, un tremplin régional pour assurer la première partie de Ange à Saint Martin de Ré (Ile de Ré) en Juillet. Christian Descamps s'étant blessé, Ange fut remplacé au pied levé par Magma alors à l'apogée de la formation du Magma Live (Patrick Gauthier ayant juste remplacé Jean-Pol Asseline entretemps). Chroniquant tous les disques qu'il achète (sa collection en compte environ 7000 !), Philippe Guillemoteau nous livre ses impressions à l'écoute de Kãrtëhl.
Je viens d'écouter attentivement le nouveau Magma, reçu il y a une semaine déjà mais sur lequel je n'avais pas encore pris le temps de me poser.
Je le trouve vraiment bien, varié (ça tient sans doute au fait que Vander a laissé un peu de place aux autres compositeurs) et par moments presque gai (ce n'est pas un mot que j'utilise d'habitude pour Magma !). Dëhndë est un morceau carrément dansant : si l'on écoute bien les paroles Hakëhn dëhnsz n'est jamais que la transposition en kobaïen de I can Dance !!!
C'est une excéllente idée d'avoir mis les versions de travail des morceaux écrits en 1978 (l'époque d'Attahk. On est en effet assez proche de l'esprit) et celle de Häken Deïs est assez fascinante.
Si vous ne l'avez pas encore, allez-y en confiance.
lundi 3 octobre 2022
Le Kãrtëhl des magazines de batterie nous écrit !
A l'approche du concert des Follies Bergère et bien sûr et principalement de la sortie du tout nouvel album de Magma "Kãrtëhl", les deux magazines spécialisés par et pour la batterie ont parlé du dernier opus kobaïen dans leurs numéros de septembre, le 357 de Batteur Magazine par Christophe Rossi et le 194 de Batterie magazine. Certes, petites critiques de quelques lignes mais au moins ils en parlent, peut être avant un article plus conséquent ? Allez savoir...
Et vous, oui vous, serez vous à Paris samedi soir pour les retrouver sur scène ?
Et n'oubliez pas, pour les commandes, en CD ou/et en vynile, c'est Ici !
mardi 27 septembre 2022
Band of Dogs au Triton : fin et suite
Deux soirées bien différentes : la célébration d'un très réussi 3eme album avec une partie des participants (E.Borghi, C.Solal, M.Ladd plus Hugues Mayot). Choix de l'improvisation, prises de risque, explorations sonores, un drôle de voyage où les voix ont parfois eu du mal à se frayer un chemin dans des architectures mouvantes et étranges. Mais la connivence entre la section rythmique et Emmanuel Borghi nous a valu quelques séquences de haute intensité.
Changement de registre le samedi soir. Band of Dogs présentait sa nouvelle formule destinée à perdurer : Thierry Eliez, Mike Ladd, Hugues Mayot et Clément Janinet au violon. Soirée en total contre-pied à la précédente : choix de l'écriture, mouvements d'ensemble, accent sur les architectures sonores, puissance rythmique. Le potentiel est évident et je serai curieux d'entendre le groupe une fois rodé. La complémentarité des deux chanteurs est un bel atout qui élargit le spectre sonore de la formation. Espérons que Band of Dogs puisse tourner dans cette nouvelle formule car seule la pratique scénique lui permettra de révéler la quintessence de cette nouvelle incarnation.
samedi 24 septembre 2022
Au revoir Monsieur Sanders
Pharoah Sanders s'est éteint ce jour à l'âge de 81 ans. Pour bon nombre d'entre nous, il aura été un passeur vers la musique de John Coltrane sans ignorer ses albums emblématiques des années 60 et 70 sur Impulse !
De Upper and Lower Egyp à Elevation, comment oublier cette filiation menant à un certain Offering des années 83/84 voire à Love Is ?
Merci.
dimanche 11 septembre 2022
Cruciferius ! enfin réédité
Avec cette réédition c'est une page d'histoire de la Pop française qui est réhabilitée. A l'origine Cruciférius Lobonz, comprenait en ses rangs un certain Christian Vander. Le groupe simplifia son nom au départ de son batteur pour l'Italie tout en intégrant François Bréant et Patrick Jean.
mercredi 31 août 2022
Rhésus 0 joue Kobaïa en 1971
Rhésus 0, formation ayant eu en son sein Jean-Pol Asseline, joue au festival de Gigondas durant l'été 1971 une version acoustique de Kobaïa.
A découvrir !
lundi 29 août 2022
Nouvel album de Patrick Gauthier !
Pas (encore) d'infos sur cet opus sinon qu'il y a 11 titres et que nous y retrouvons le fidèle compagnon Antoine Paganotti, mais non aux baguettes zé peaux mais en chanteur ténor (très apprécié dans cette fonction chez Magma en son temps).
Chez Assaï Records.
Dès que nous aurons d'autres infos sur cet album, nous vous les communiquerons, enfin, si vous êtes gentils avec lui et avec nous !!
jeudi 25 août 2022
Band of Dogs chasse désormais en meute
Alors qu'un troisième album est annoncé pour la rentrée, Band of Dogs va se transformer en sextet à l'occasion de son passage au Triton. Philippe Gleizes et Jean-Philippe Morel seront donc rejoints par Thierry Eliez, Hugues Mayot, Clément Janinet (violon) et Mike Lann (voix, slam). Premier concert de cette nouvelle formule : le 17 Septembre.
dimanche 7 août 2022
Nouvel album Magma, Kãrtëhl
Sobriété de la pochette (photo J-L. Blérol et conception G. Nimal), ce qui ne l'empêche pas d'être superbe, un nouvel accent dans l'écriture kobaïenne(le tilde), une ancienne cymbale, déjà magnifique, qui devient œuvre d'art (et commercialisée par petits bouts sur le stand Magma, sauf erreur).
Toute la troupe actuelle a participé à cette œuvre avec Francis Linon à la console, et le tout sera disponible chez Seventh le 30 septembre pour le CD et le 7 octobre prochain pour le LP.
Oui, oui, important, disponible en CD et/ou en vinyle !! Et avec deux bonus de 1978, que vous dire de plus pour l'instant...
A suivre, forcément...
A précommander pour le 15 septembre mais en passant par Ici
mardi 2 août 2022
samedi 30 juillet 2022
Des disques et des retours cet automne
Suite à sa reformation en une formule à deux claviers, et un album live il y a quelques mois, One Shot vient d'enregistrer un nouvel opus au Triton. Sortie sur le label du même nom dans quelques semaines...
Free Human Zoo a de la suite dans les idées et son "leader", le batteur Gilles Le Rest, ne renonce pas à concrétiser sa vision musicale. Inspiré de l'Ile Mystérieuse, on retrouvera dans ce nouvel opus Alexis Delva à la guitare (tient donc...) et une certaine Stella en invitée... Le groupe propose une pré-vente de son album et il n'est pas interdit de l'aider... C'est ICI
Finissons par le plus surprenant : le retour d'Ad Vitam ! Le groupe mené par Jad Ayache s'était éteint après sa magnifique version de Morrison In The Storm sur la Compilation 'Hommage" Hamtaï. Un nouvel album vient d'être enregistré à Metz avec le renfort de Philippe Gleizes pour une sortie à l'automne sur le Label Acel distribué par Muséa.
samedi 16 juillet 2022
Christian Vander Trio le 10 décembre au Triton : un concert qui annonce un disque
L'époque sera aux achats de Noël, et bien offrez-vous un Noël avant l'heure !!!
Et cerise sur le gateau, le trio disposera d'un répertoire renouvelé (reprises et compositions) en vue d'un album à paraître au printemps !
A voir et à réserver Ici
lundi 11 juillet 2022
Concert Magma à Montreux en streaming gratuit le 11 juillet
Au passage, merci au festival pour cette initiative qui va permettre de faire profiter au plus grand nombre de ce moment fort.
Nous n'en savons pas plus sur les conditions pour accéder à ce streaming, à vous de voir de votre coté, ça évitera les incompréhensions d'un post précédent...
mardi 5 juillet 2022
Les nouveaux titres de Magma révélés...
Mais KoSmic muZïk comme toujours est auprès de vous, avec l'aide de Stella, en vous révélant certains noms. Cela évitera des confusions ou mauvaises dénominations pour les concerts récents et à venir !
Album de groupe, à l'instigation de Stella, avec des titres anciens de Christian revus et corrigés des créations des membres de Magma, Thierry Elliez, Simon Goubert ou Hervé Aknin. Si tous ne sont pas joués sur scène, ceux qui le sont ont pris définitivement (mais va savoir !) leur noms.
Les voici :
Walomehndom Warreï (compo de Thierry Eliez) iso Walomehndom.
Hakëhn Deïs (compo de Christian) iso Stevie Vander.
Irena Balladina (compo de Christian) iso Ballade Bossa "Stella".
Bon, je ne sais pas si cela vous aidera à mieux dormir ou à supporter l'inflation galopante, mais CQFD !!!
mardi 28 juin 2022
3M ? Magma, Montreux, Monaco, vous allez être "scotchés"...
Deux nouvelles dates prestigieuses viennent de tomber.
MAJ : Projets et concerts Magma en 2022
Déjà quelques dates arrivent, nous sommes avides, de passer ce Covid !
15 juin 2022, : Les Lilas, le Triton
17 juin 2022 : Londres, The Garage London
18 juin 2022 : Londres, The Garage London
19 juin 2022 : Manchester, Band on the Wall
26 juin 2022 : Fontainebleau, festival Django Reinhardt, parc du Château, scène Django
11 juillet 2022 : Montreux, festival de jazz, auditorium Stravinski
15 juillet 2022 : Marseille, théâtre Sylvain, festival Marseille jazz des cinq continents
16 juillet 2022 : Mâcon, Crescent Jazz Festival
08 octobre 2022 : Paris, Folies Bergère
24 octobre 2022 : Osaka
26 octobre 2022 : Tokyo
27 octobre 2022 : Tokyo
27 novembre 2022 : Monaco, opéra de Monte Carlo, avec l'orchestre philharmonique de Monte Carlo
A suivre...
mercredi 1 juin 2022
Magma par Didier "Mephisto" Ferry en 100 photos
Bien sur il reste à traiter les années précédent et suivant cette période, voire aussi par d'autres photographes pour cette même quinzaine d'années, mais c'est déjà un plaisir que de parcourir ce livre. Pour ce faire, un dernier détail, il faudra attendre septembre pour lire et admirer ce livre de 176 pages, d'environ 100 photos et en tirage limité mais il est déjà ouvert à souscription.
Pour passer commande, c'est Ici.
vendredi 20 mai 2022
Retour sur le Christian Vander Trio au Triton
Le public déjà, tendance chevelure blanche ou absente. Quelques jeunes de moins de 30 ans mais ce n'était pas ce que draine Magma, de 7 à 77 ans comme dirait l'autre. Je n'ai rien contre les plus de 50, faisant partie de cette "élite" depuis quelques années, mais c'est une petite surprise tout de même. Très peu de visages connus, sans doute l'effet "non Magma", mais pourtant comme dirait Christian lors des concerts Solo, il y a une batterie, alors...? Alors voilà, ce n'est peut être pas que la batterie, mais peut être le manque de Kobaïen ou de chœurs, ou de visages féminins, ou, ou....... Mais à noter la présence le samedi soir de Klaus, la "cathédrale" Klaus, charmant jeune homme aux projets actuels "funky".
Le lieu, salle 1, quelques tables en lieu et place du premier rang, pas vraiment de public debout mais sinon une salle complète (ou presque) pour les deux soirées, c'est toujours bon à constater. Eclairage le vendredi un peu fort sur les musiciens et basiquement le même du début à la fin avec effet bleuté. Le principal est sonore et non visuel, les spots nous le rappellent...Les musiciens, que vous dire que vous ne sauriez pas, bien peu de choses... Tous nous ont gratifié d'un passage solo, ce qui permet toujours de les mettre en lumière, de mieux se concentrer l'espace de quelques minutes, d'apprécier en plus du talent, l'osmose entre le musicien et son instrument.
Mention spéciale pour Emmanuel, lequel ? Il est plus petit que son instrument, n'est pas ventru comme lui et pourtant il l'enlace, lui tire tout ce qu'il peut donner, presque d'une manière percutante, "percussive", répétitive et changeante tout à la fois. Présence discrète mais omniprésente et indispensable, oui, le solo le met vraiment sur le devant de la scène comme il le mérite. Ce pêcheur (et pas que devant l'Eternel) a vraiment la pêche !
Mention spéciale aussi pour le maestro des baguettes, qui en plus de sa présence naturelle nous a offert deux soli aux couleurs différentes selon les soirées, cela faisait bien longtemps que je n'avais pas eu l'occasion de l'entendre seul aux percussions, si l'on excepte les master classes bien sûr. 74 ans et quel punch, et pas que sur ces quelques minutes, tout au long de la soirée selon la nature des morceaux.
Mention spéciale encore pour Emmanuel, encore, mais lequel ? C'est simple, il est assis face à son instrument et pourtant il fait corps avec les touches du clavier, les percutant ou les frôlant, courant d'un bout à l'autre de ce piano, 10 doigts qui paraissent 100 ou mille. Un des rares musiciens à avoir accompagné Christian dans presque tous ses projets et réalisations, Magma, Offering, Trio, Quartet..., Welcome. Un incontournable de la planète Zeuhl et au-delà.
Christian Vander Trio joue Coltrane, bien sûr voire évidemment, mais pas que. Furent joués ces deux soirées dans le premier set : The Coaster, For Tomorrow, Like Sonny, Body and Soul, Impressions, le deuxième set : India, My Favorite Things, Naima, Dear Mac et en rappel Equinox. Bel équilibre que ce choix alternant les ambiances. Et justement, en préambule je soulignais que les deux soirées différaient quelque peu. C'était plus évident à percevoir sur le premier set, joué plus finement, plus en délicatesse, bref un peu moins percutant que le lendemain, même dans son solo sur "Impressions" Christian semblait moins "souriant". Peut être n'était-ce qu'un ressenti, celles et ceux qui on vu les deux concerts pourrons nous dire ce qu'ils ont ressenti. Même chose ou non.
En tout cas deux très belles soirées pour nous autres petits scarabées, venant enrichir notre mémoire entre Vander Solo ou Magma pour cette année. Les absents ont toujours tort, nous, nous y étions !
jeudi 5 mai 2022
Wurdah Itah violet en juin, nouvelle sortie vinyle
S'ils sortent tous, et nous n'y voyons que du plaisir, il faudra néanmoins faire un tour chez Ikea...!
Pour cet opus, un des plus beaux sinon le plus bel album de Magma, en tous cas le plus intimiste mais avec des montées explosives, des passages atomiques, dévastateurs et juste après, de la dentelle, de la porcelaine, que de frissons à son écoute. Eblouissant, unique, indispensable.
Pochette double, sans doute avec les paroles, vinyle violet, pochette de la réédition de 2015 (déjà !) chez Jazz Village, pochette auquel j'ai modestement participé, et oui.
Pour le plaisir dirait l'autre...
Lien Ici à consulter en juin.
dimanche 24 avril 2022
Interview de Christian du 21 juillet 2020, forcément intéressante...!
MAGMA, DISCUSSION MULTI-DIRECTIONNELLE AVEC CHRISTIAN VANDER
Christian Vander, figure emblématique de Magma, est un musicien passionnant qui anime depuis des décennies une musique inclassable, entre jazz, rock et classique, inspirant et formant au passage plusieurs générations de musiciens. Voir Magma en concert est une expérience à part entière, presque une nécessité. Au cours d’un entretien, il nous a délivré avec passion quelques anecdotes et conseils musicaux. Le tout avec une gentillesse délicate, un enthousiasme communicatif, guidé naturellement par… John Coltrane.
Après vous avoir vu il y a quelques jours en concert, on sent une énergie intacte au sein de Magma. 50 ans après, qu’est-ce qui vous motive à jouer de la musique, à faire des concerts ?
Christian Vander : La motivation est liée à l’impression de continuer à évoluer. Pas à pas de géants, comme John Coltrane, mais en ayant la chance d’être en forme physiquement. Des personnes m’ont tellement marqué, imprégné de leur musique, que je me dois de continuer. C’est une question de respect vis-à-vis d’eux, mais aussi de soi-même. C’est aimer la musique passionnément. Et pour continuer à exister, il faut aussi aller vers les gens.
Est-ce que Magma a fait des émules au niveau musical ? Est-ce que vous retrouvez l’esprit du groupe dans des formations plus contemporaines ? Je pense par exemple à Thomas de Pourquery ?
Des gens dans ce type d’ambiances musicales ? Ou qui se réfèrent carrément à la musique Zeuhl ?
Oui, ou le mouvement RIO, mais donc des formations plus jeunes ?
Moi, je ne retrouve pas l’esprit de Magma dans cette musique. Ils peuvent s’appeler Zeuhl bien entendu… Ils ne m’ont pas demandé d’ailleurs (rires). Magma appartient à Zeuhl, qui est quelque chose de suprême, mais je ne prétends pas jouer de la musique Zeuhl. On va peut-être commencer un jour. Ce que j’appelle personnellement la musique Zeuhl, c’est de la musique multi-directionnelle. C’est une autre manière de concevoir les mouvements de musique. Jusqu’à présent, je n’avais pas ces directions. J’ai fait une musique comme on l’écoute en général.
Votre relation à John Coltrane est particulière. Comment a-t-elle guidé votre musique ?
J’ai écouté tout ce qu’il écrivait et la manière dont les mouvements se déplaçaient dans l’espace. Je parle ici du quartet magique. Je ressentais tout ce qui se passait. Sur un passage, j’avais par exemple l’impression qu’Elvin Jones avait la tête en bas et subitement… mettait un coup de frein, l’air de dire : ‘on va basculer‘. Et John qui reprenait le thème à ce moment-là. Ce coup de frein désespéré, c’est comme s’il disait à John ‘Attention, on va basculer John !‘. C’est vraiment une impression que j’ai ressentie physiquement. J’avais dit il y a quelques années que je ferais un jour des musiques multi-directionnelles, sans trop savoir de quoi il en retournait. Et j’ai retrouvé plus tard une interview de John qui répondait à la question ‘Comment décririez-vous votre musique ?‘. Il a répondu : ‘C’est une musique multidirectionnelle‘. La période du quartet m’intéresse particulièrement chez lui, beaucoup plus que celle plus free, vers 66-67. La période la plus forte étant en 1965. Il en est sorti beaucoup de choses depuis.
En quoi votre musique se distingue-t-elle de celle Coltrane ?
Elle est conçue complètement différemment du jazz. Ce sont des mouvements qui s’enchainent, avec leur propre couleur. Lorsque je trouve une couleur, j’essaie de la projeter et de créer des sensations nouvelles à l’auditeur — moi le premier d’ailleurs ! Comme d’autres musiciens où sur chaque disque, on se demande ce qu’ils vont faire… comme John. C’était fantastique, ahurissant ! Beaucoup de musiciens de renoms ont commencé par le critiquer : ‘Elvin Jones est un bon batteur, mais il se trompe d’un temps toutes les mesures‘. Ou que McCoy Tyner ne savait pas jouer de piano. Je ne citerai pas le pianiste qui a dit ça, c’est trop dur…. Ils n’avaient strictement rien compris ! John était en avance d’un temps ! Et on entendait des gens dirent qu’il avait un mauvais son de sax. C’est choquant pour un gosse… Moi, j’ai plongé instinctivement dans cette musique. Aujourd’hui, je l’écoute de manière cyclique, un de ses disques n’est jamais loin.
Vous l’avez vu en live ?
Oui à Paris, il a été sifflé ! Après ça a changé. J’allais le voir en France, pas partout bien sûr… Si j’avais pu le faire, je l’aurais fait (rires).
Est-ce que vous pensez que votre musique, que ce soit Offering ou Magma, pourrait être interprétée par des formations différentes ? Par exemple, des orchestres ? Ça vous intéresserait ou vous vous en foutriez complètement ?
En ce qui me concerne, j’essaie de jouer avec l’esprit de la musique de John en quartet ou quintet. Je suis totalement imbibé de cette musique-là. Je dirais, que moi ici, de ce monde, réaliser cette musique en orchestre symphonique, nous l’avons fait. Et on a des projets, mais ça doit rester top secret (rires). Mais c’est vrai que quand je compose cette musique au piano, je l’imagine jouée par un grand orchestre. J’imagine souvent un trombone ou une trompette, dans ma main gauche par exemple. D’ailleurs, je n’ai jamais imaginé être le seul batteur de Magma étant donné le niveau d’énergie envoyée. C’est ce qui se passe en concert… Il faut vraiment bien capter le lieu et envoyer l’énergie de manière groupée… Et c’est fantastique. Mais pour ça il faut que le groupe ait une unité.
Mais vous pensez en termes de musique démultipliée quand vous composez ?
Exactement, mais si j’entends beaucoup de ‘soufflant’, j’entends moins les cordes. Quelque chose m’échappe dans les cordes, bien que je trouve ça très beau.
Comment expliquez-vous le succès de Magma auprès d’un public jeune, aujourd’hui ? Lorsqu’on assiste à un concert, le public est très mixte. On ne voit pas que des vieux ours grisonnants…
Je suis ravi qu’il y ait des jeunes. C’est Stella qui me le fait remarquer, parce sur scène je suis très concentré. Mais effectivement, on a vu des enfants de 10-12 ans ! Une gamine était folle de cette musique à cet âge. Et je comprends… Moi, au sien, j’étais fou de Coltrane. Je pense que la puissance transmise y est pour quelque chose. Sur les disques, c’est plus difficile à véhiculer. Il faut prendre le temps, s’installer. Beaucoup de gens nous ont découverts par ce biais, et c’est pour cela qu’on continue à aller vers les gens. Et puis ils en viennent aux disques.
Une question un peu différente. Si on prend un morceau comme Mekanik, pourriez-vous et voudriez-vous encore composer un titre comme celui-là aujourd’hui ?
Je disais justement ça à un ami récemment : ‘je peux te composer un Mekanik chaque semaine !‘. Non, honnêtement j’ai fait un peu le tour. Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’à l’époque, on était limité par le temps, à 18 minutes environ par face. Bien sûr, on pouvait monter au-dessus, comme Miles et ses 26 minutes, mais la qualité dégringolait… Le passage un peu obsessionnel de Mekanik durait 20 ou 30 minutes en réalité ! Donc comme beaucoup de morceaux, nous avons dû réduire, car c’est dans l’obsession qu’on obtenait l’hystérie. Mais à un moment, il faut passer à la suite, sinon on ne finirait pas le disque. Pour un morceau que j’ai fait à titre personnel, ‘Des cygnes et des corbeaux’, j’ai dû retirer un mouvement car j’avais peur de dépasser les 74 minutes maximum d’un CD.
Une question plus stylistique maintenant. Dans l’enregistrement de Mekanik en 1971, au théâtre 140, on a presque l’impression d’une intro bossa nova…
(rires) C’était de l’humour. L’intro était très bossa nova et on voulait donner l’impression qu’on allait jouer un morceau tendre et soudainement… Mekanik commence. Ça n’empêche que j’écoute beaucoup de bossa nova, de musique afro-cubaine. Mais là, c’était juste l’humour du groupe de l’époque. On jouait une jolie intro sourires aux lèvres. Les spectateurs se disaient : ‘Tiens c’est bizarre, Magma a changé de style‘, et puis baaaam.
Le line-up de Magma n’a cessé d’évoluer. Comment s’arrête une collaboration avec un musicien ? Ça se fait dans la douleur ?
Oui, absolument. Les musiciens quittent souvent le groupe au moment même. Claude Engel par exemple. Il était arrivé un peu en retard et il a dit : ‘il y a un ordre du jour : je quitte le groupe‘. Et moi j’étais, comme toujours, parti pour la vie avec lui ! C’était insensé ! Claude Engel ? C’était un pilier du groupe ! On l’appelait l’homme-orchestre. Avec deux pédales, il faisait le boulot que des mecs font aujourd’hui avec 15 ! Un immense guitariste ! On a eu un mal fou à le remplacer… On a fait une bonne section cuivre, mais le manque restait. C’est aussi arrivé qu’on décide de se séparer de quelqu’un, mais ça me pose des problèmes de conscience. C’est abominable…
Cela a toujours été aussi abrupt ?
Le plus souvent. C’est rare qu’un musicien te dise, ‘Dans 3 mois, Christian, je quitte le groupe‘. On a toujours eu la chance de trouver des remplaçants. Mais ce n’est pas simple, surtout un pianiste qui est essentiel. Le piano est l’ossature de la musique.
Et pas la batterie ?
Non, le piano était central. En tant que batteur, j’ai dû trouver une place. Cette musique était complète, déjà très riche rythmiquement. Et c’est peut-être comme ça que j’ai trouvé quelque chose de différent à la batterie, en m’immisçant.
Vous composez au piano uniquement ?
Oui bien sûr. Parfois une heure avant un enregistrement, je ne sais pas ce que je vais jouer. Sur Wurda Itah, par exemple, j’ai joué la partie de piano et Jannick Top la basse. La batterie, je n’y avais pas pensé une seconde et j’ai dû terminer par cette partie. C’était le mot 3-4 et je ne dis jamais 3-4… Ca aussi c’est important. Vous savez pourquoi ? Ca empêche les gens d’anticiper. Les musiciens comptent 1-2, 1-2-3-4. Tout le monde se précipite sur le premier temps. Et c’est moche. Alors qu’1-2, 1-2-3 laisse de la place, de l’ouverture, le loisir d’attaquer comme vous le désirez. Jamais 4 ! Ça fait partie des choses les plus importantes.
Quelles sont vos autres influences ? Ces dernières semaines par exemple ? À part Coltrane ?
Je n’écoute pas beaucoup d’autre musique, mais quand j’écoute quelque chose, c’est du classique, du contemporain. Nadia Boulanger. Superbe, écoutez ça aussi ! Ça m’inspire.
Quelle est la place des solos dans votre musique ?
Je m’en méfie. Ça peut être lassant. Ça vieillit avec le temps. Je demande parfois aux guitaristes de composer les chorus. Avec Didier Lockwood, on avait par exemple tramé un morceau dans la même dynamique que le Chorus de Coltrane Transitions. Sauf que les harmonies ne passaient pas vu qu’on restait linéairement sur un rythme. Coltrane joue un premier solo jusqu’à une sorte de cri. Ensuite, il monte par étage, en dents de scie. Puis vient un nouveau cri, plus profond, plus douloureux, et le troisième est une ascension en spirale. Et à la fin, il redescend tout. C’est extraordinaire !
Avec Didier, on a construit un chorus dans ce type d’ambiance sur Mekanik Kommandoh. Ce n’est pas lassant de le jouer lorsqu’on a une direction. Les gens qui improvisent et qui jouent à la note, ça peut être fantastique un soir, et le lendemain un désastre. Alors qu’ici, on avait quelque chose qui tenait même si Didier était un soir en méforme… Ou moi bien sûr, ça peut arriver. Le solo tenait la route. Il l’a utilisé toute sa vie. Pour la musique de John Coltrane, c’est tellement évident. D’ailleurs, on en parlait avec Philippe Catherine. Il m’avait dit : ‘c’est une belle version poétique de la musique de John Coltrane‘. Je lui ai dit ‘je suis désolé mon cher, mais ce n’est pas ça‘. Il semblait douter. Les gens ne peuvent pas s’imaginer qu’il y a une construction. Les mouvements internes se travaillent. Il y a de l’improvisation bien sûr, mais sans direction, les musiciens se lassent. C’est aussi très important. Il faut une direction pour raconter quelque chose.
La musique, vous y pensez tout le temps ?
Ca se médite, la musique. Quand je marche, je pense musique, comme un félin. Si je chante en pensant un jour à une cymbale, j’analyse cela puis le transpose dans mon jeu. Et ça peut changer mon positionnement de charley par exemple. Musculairement, c’est important. Il ne faut pas frapper mais poser. Parfois, je frappe plus violemment le charley, mais dans l’ensemble je pose souplement. C’est important aussi ! Les muscles sont utiles, mais il faut poser ! La musique nous appelle et on répond. Il faut laisser respirer la peau. Le son peut alors se projeter vers le haut, un peu en éventail. Si vous frappez fort, le son reste bloqué et on perd ce son ample.
(ENTRETIEN : CORENTIN CAUDRON/MOWNO)































