lundi 23 février 2026

Un 4eme opus pour Corima

Corima – Hunab Ku / Soleil Zeuhl (2026)

Le nouveau disque de Corima marque une étape décisive dans Son évolution artistique. On est d’emblée frappé par la qualité de la production et la clarté du mixage, à la fois puissant, ample et précis.
L’influence du Zeuhl demeure perceptible, mais Corima a su s’en détacher pour affirmer une identité singulière. Les compositions laissent transparaître des influences sous-jacentes de formations telles que le Magma guerrier, Koenji,  Area – International POPular Group et Arti & Mestieri, figures majeures du rock progressif et du jazz-rock italien. La dynamique générale évoque également l’intensité rituelle de Kōenji Hyakkei et du RIO et par certains  côtés King Crimson.
La pulsation de Corima est dense et incandescente : les musiciens, tous virtuoses, occupent pleinement l’espace sonore. Basse, batterie et claviers s’entrelacent dans une mécanique à la fois obsessionnelle et hypnotique, maintenant une tension rythmique constante, sans relâchement. Le son est massif, mais toujours lisible et structuré. Le concept de l'album évoque l’impulsion organisatrice de l’existence, le centre qui maintient le monde uni et garde dans une universalité. 
Là où nombre de groupes issus de la mouvance para-Zeuhl sombrent dans les clichés formels, Corima parvient à s’en affranchir. Leur singularité ouvre de nouvelles perspectives à ce courant musical, en lui apportant fraîcheur, profondeur et une véritable personnalité sonore. Après Quetzalcoatl (2012) et Amaterasu (2016), le groupe explore ici de nouveaux horizons et confirme une maturité artistique pleinement assumée.

Thierry Moreau

samedi 21 février 2026

3 jours en Juillet à ne pas rater

Vous les avez raté en Janvier, vous les adorerez en Juillet !

 

3 concerts annoncés, toujours au Triton, histoire d'entretenir le feu Sacré de la Zeuhl Wortz ! Les réservation sont ouvertes ! C'est du 2 au 4 Juillet.


 

dimanche 15 février 2026

A Ambarès Minimum Vital au cœur de son royaume

 

Depuis les années 80, Minimum Vital mène sa barque avec une détermination qui force le respect. Avec humilité, et une bonne dose de travail, le groupe s'est construit une signature musicale qui va bien au delà du simple "rock progressif". Malgré le fait d'être sur un créneau "underground", de jouer bien trop rarement faute de propositions, le groupe des frères Payssan a acquis une sacrée efficacité que bon nombre de "pros" pourraient envier.
Ce concert à Ambarès, dans un joli lieu bien accueillant, est l'occasion pour les musiciens de présenter leur dernier opus Le Royaume (distribution Muséa) paru quelques semaines auparavant. Le répertoire de la soirée a donc été majoritairement composé de titres issus de ce dixième (!) album studio avec quelques incartades dans le passé du groupe. 

Le groupe fait  preuve d'une cohésion sans faille : la solidité de la section rythmique (Eric Rebeyrol-Charly Berna) permet aux deux solistes de s'échapper sur un socle vivant et rigoureux. Le concert est vif, affûté, le groupe développe une belle énergie scénique ce qui n'interdit pas certains traits d'humour d'ailleurs. Minimum Vital est en plein maîtrise de son art et embarque sans difficulté la salle quasi pleine dans son univers entre électricité et réminiscences médiévales.

Un petit moment de nostalgie avec la présence de Sonia Nédélec qui fut, un temps la chanteuse du groupe. Tout ceci se fait dans une jolie ambiance amicale et le groupe en profite pour explorer des pièces plus anciennes.

Le temps passe très vite avec Minimum Vital et la soirée s'achève après deux rappels. Le public est souriant, conscient d'avoir vécu un beau moment de musique. Pour preuve la présence de Philippe Cauvin, Serge Korjanevski et Didier Lamarque, tous trois anciens d'Uppsala et figures marquantes de la scène bordelaise... Une bien belle soirée girondine ! 

 

vendredi 13 février 2026

Cela réédite à tout va cet hiver

Réédités à la fois en LP et en CD, les deux premiers disque de Magma vont faire leur retour en bac à la fin du mois. Point de Seventh Records ce coup-ci mais un GM Editions qui a visiblement obtenu quelques licence d'Universal (voir pour Ange également...).

A noter que ce sera la première réédition hexagonale de l'édition 1001° en CD...

Pré-commandes ouvertes sur le site du label.


MàJ, Magma, les dates pour 2026

Et oui, on parle déjà de 2026...
Certes, faire une annonce fin juillet 2025 pour un concert de mars 2026 peut sembler un peu tôt, mais au moins pour cette première date romaine, vous aurez le temps de réserver vos billets de train/avion et votre hotel aux meilleurs prix ! 

D'autres dates viendront et nous vous en informerons au fur et à mesure, que ce soit en France ou ailleurs, et, bien sûr, nous espérons un retour triomphal de Stella. Au minimum...


MAGMA :

27 au 31 janvier 2026 : Les Lilas, le Triton (en version 6 musiciens)

06 mars 2026 : Rome, Auditorium Parco della Musica Ennio Morricone

24 juin 2026 : Saint Maurice de Rémens, parc du château de Saint Maurice, festival "le Printemps de Pérouge".

02 au 04 juillet 2026 : Les Lilas (93), le Triton (en version 6 musiciens).

lundi 9 février 2026

Des nouveautés chez Soleil Zeuhl

Le label qu'on avait cru disparu se réactive donc cet hiver avec 4 publications, 2 LP, 2 CD. Disponibles sur le nouveau Bandcamp de Soleil Zeuhl ! 

mercredi 4 février 2026

Magma Zeuhl Kommandöh : un simple changement de perspective

Dans une formule resserrée et très justement baptisée Zeuhl Kommandöh, Magma nous a proposé une belle série de 5 concerts consécutifs en cette dernière semaine de janvier.

La promesse de l’expérience immersive a été tenue : c’est ce luxe qu’offrent les petites salles comme le Triton, grâce à la proximité avec les artistes, d’avoir la sensation d’être littéralement dans la musique avec eux.

Coté public, une assemblée quasi exclusivement masculine comme l’a fait remarquer avec plus ou moins de finesse JP Vivante dans son discours d’introduction, comptant des fans venus de loin (Chili, Japon) pour l’occasion . On a retrouvé aussi le jeune garçon qui était monté sur scène auprès de Christian à Nantes et lors de la répétition publique de novembre 25, apportant un peu de jeunesse dans ce cénacle.

Affranchi des chœurs qui avaient charmé nos oreilles ces dernières années, ce Magma-là opère un retour aux sources. Un Magma brut, minéral, qui a rappelé aux afficionados de longue date l’esprit du groupe des seventies. C’est la face plus dure qui s’exprime ici, sans concessions : sombre, puissante, implacable. Et quel kif !

Je ne choisirai pas entre cette version radicale et le Magma choral : ce sont deux expressions complémentaires d’une musique qui, comme nous l’avait prouvé le splendide akoustik wokaahl, se réinvente et s’incarne dans des formes multiples sans perdre de sa saveur . Evidemment on n'est pas emmenés dans le même monde ni dans la même ambiance, mais c’est aussi ça qui en fait la richesse !

Une des forces de cette proposition est sans doute de laisser de la place aux instruments pour faire respirer la musique, de donner à entendre véritablement le jeu et la richesse de chacun d’entre eux.  Ainsi, la révélation de cette série de concerts est sans doute le bassiste Charles Lucas. Dans une configuration minimaliste où chaque instrument s'entend pleinement, il fallait une basse présente et "sérieuse" .  C’est ce que nous a proposé Charles, avec un jeu parfaitement adapté au répertoire, à la fois lourd et swinguant, et dont on pouvait ressentir la vibration dans le sol aux premiers rangs. Sur scène, de beaux échanges de regard entre lui et Simon, une concentration intense - imaginons le travail qu'il a dû fournir pour, en moins d’un mois, apprendre tous ls morceaux ! Cela faisait un moment qu’on n’avait pas entendu un son de basse comme ça dans Magma, et ça fait bien plaisir.  Il faut aussi saluer le défi relevé par Hervé, qui a assuré seul pendant les cinq soirs le lead vocal, avec des pièces exigeantes sollicitant toutes les ressources de sa voix.

On a aussi pu remarquer l’évolution de son attitude scénique : regards très expressifs, gestes évoquant parfois ceux de Christian, marche immobile calée sur le martèlement de la batterie, accentuant l’aspect martial et nous emmenant avec lui dans cette traversée. Le plus impressionnant reste Christian et son incroyable énergie … Je retiens , entre autres, cet instant solennel quand il se lève derrière la batterie pour déclamer 
Ëk da ëhrdzort fuh osk : le rite s’accomplit entre lui et Hervé dont les voix se tissent dans une tension hypnotique.

S’il fallait comparer les 2 concerts auxquels nous avons assisté (les 2 derniers de la semaine) , je dirais que celui du vendredi était plus «fou» et celui du samedi plus «précis» musicalement .  

Nous avons eu la chance de redécouvrir un superbe Theusz Hamtaahk, œuvre rarement donnée
sur scène, surtout à un tel niveau, et une version magistrale de M.D.K.  , rappelant celle de l’album de 73. Dommage pour nous, pas de Zombie cette fois, mais on comprend que l’équipe ait fait le choix d’y renoncer afin de pouvoir tenir sur la durée. En bis, Ehn Deiss comme nous en avons pris l’habitude désormais, réarrangé pour s’adapter à la nouvelle composition du groupe, la partie de Stella restant confiée à la guitare de Rudy. C’est toujours un moment d’émotion et, en l’occurrence, une façon de clore la soirée dans l’apaisement après le déferlement qui aura précédé.

En résumé : un Magma exigeant, sans fard et plus vivant que jamais, que nous espérons revoir souvent en 2026 !