mardi 20 octobre 2015

Richard Pinhas et Tatsuya Yoshida à Poitiers

Grâce à notre fidèle Pierre De Ramefort, KSZ était sur place pour cet évènement en pleine... France profonde...

Richard PINHAS : Guitare,
« Sax Ruins »
Yoshida TATSUYA : Batterie, voix
Ono RYOKO : Sax alto, voix

Tout à fait inattendu à Poitiers où il ne se passe quasiment plus rien depuis des lustres (musicalement parlant j’entends), ce concert de « SAX RUINS » n’aura malheureusement pas réuni les foules et ce, malgré un prix du billet plus qu’attractif (6 euros au tarif complet !). On pouvait certes s’y attendre un peu, mais de là à n’attirer qu’une petite trentaine d’égarés (dont votre serviteur) sous la voûte du planétarium du Centre de Culture Scientifique et Technique Mendès-France, on obtient une fois encore une photographie de l’état de morosité et d’inculture musicale de ce pays.

Ceci étant dit, comment imaginer SAX RUINS autrement qu’un accouplement sauvage entre les spirales obsessionnelles de Richard PINHAS (HELDON) à la guitare-synthé et le drumming redoutable de précision et de puissance du Vander nippon, Yoshida TATSUYA (RUINS), le tout mêlé aux éclats de sax traité et de voix de Ono RYOKO, référence sur la scène japonaise de musique improvisée ?

Jouant à un volume digne d’un groupe de death-metal (ou de punk-jazz électro-progressif !?), le trio franco-japonais délivra des pièces d’une intensité musicale extrême, en dépit de leur effarante complexité rythmique et de la durée d’un set, qui, rappel compris, ne dépassa guère les 1h15, laissant un public clairsemé totalement abasourdi par tant d’inconfortable virtuosité.

A noter pour les curieux, l’existence d’un CD « Live in Japan » enregistré l’an passé par le duo PINHAS - YOSHIDA (Magaibutsu MGC-49, Japon) qui n’avait pas encore été rejoint par Ono RYOKO, laquelle publie très prochainement son nouvel album solo « Alternate flash heads » (Alchemy Records) compilant quelques 99 morceaux !

8 commentaires:

  1. Ryoko Ono ?
    Yavait pas John Lennon aussi ?

    glaarg

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  2. Poitiers la "France profonde" ?
    "une photographie de l’état de morosité et d’inculture musicale de ce pays" ?

    Quelle arrogance ! Aimer cette musique (par ailleurs magnifique) n'est décidément pas un signe d'ouverture ! La musique zeuhl est desservie par de telles positions élitistes.

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    1. L'élitisme ne serait-il pas plutôt de se réjouir de faire partie du petit cercle "d'initiés" assistant à ce concert ? Et espérer plus de monde à ce genre d'évènements n'est pas justement de l'ouverture ?

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    2. Je suis plutôt dubitatif quant au qualificatif "France profonde" dans le cas de Poitier mais à propos de sa culture musicale, ne connaissant pas la région, je me contenterai de dire que ça peut difficilement être pire qu'au Havre ;)...

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    3. Si je puis me permettre, et commençant à assez bien connaître Mr Mémo, je pense qu'il ne faut pas voir dans cette expression, "France profonde", sont coté négatif d'une France avec ses clichés de terroir, de baguette, de béret, de Gitane maÏs, mais plutôt celui des racines entre un lieu ou une région et son histoire (finalement, son terroir !). A contrario, le problème des métropoles, à ce niveau, est ce explosion socio-culturelle dû à l'afflux depuis une centaine d'années, de personnes quittant leurs provinces vers les grandes villes ou de pays voisins comme de continents éloignés. En même temps, cela leur a donné, à ces villes, de nouvelles richesses et ouvertures d'esprits.
      Et la centralisation républico-parisienne y est pour beaucoup.
      Bref, pas de mauvais débat, le présent doit être considéré comme un maillon entre le passé et le futur et, même si Poitiers à un "Futuroscope", elle est sans doute une ville plus France profonde qu'internationale, et c'est pas plus mal.
      Deuxième débat quant à l'inculture musicale française. C'est une évidence. Qu'elle est la part de celle-ci dans les médias ou l'on nous gave de télé-crochets ou de clips sur D17 ? Quel enseignement dans les écoles ? Quelle recherche d'identité culturelle ou de créativité dans l'exagone ?
      On bourre le moût de la plèbe avec de l'anglo-saxon pour aboutir à des imitations que personne ne veut en dehors de chez nous (dans le "rock" comme dans le r'n'b (!) le rap ou je ne sais quelle mouvance) Qui veut de Téléphone ou Trust ailleurs qu'ici ? ou des "artistes" de TF1, M6 ou Energy ailleurs qu'ici ? Pourquoi les anglos-saxons produisent des artistes majeurs et pas nous, et ce, quel que soit l'instrument ou le genre musical pratiqués ?
      Le jazz et le classique s'en sortent un peu, le reste...
      Je ne sais plus où ni par qui, mais j'ai lu récemment un Anglais qui écrivait : "L'apport des Français au rock est équivalent à celui des Anglais pour la grande cuisine". A méditer...

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  3. On s'est mal compris, je pense. Je suis totalement d'accord avec la diffusion de cette musique, je crains juste que des termes comme ceux que j'ai soulignés (qui passent si souvent inaperçus, d'où mon (rare) accès d'énervement) n'éloignent justement les gens de cette musique.

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  4. Il s'agit d'une des régions les plus dynamiques en musique ancienne (baroque et, surtout, renaissance), ce qui n'est pas rien non plus. On ne mesure pas la culture musicale seulement par le jazz... Même si c'est, on s'en doute, une des musiques qui me touchent le plus. Et puis, à une petite heure de Poitiers, il y a Tours, qui n'est pas en reste non plus en terme de musiques innovantes, quelles soient anciennes ou modernes !

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  5. Pinhas, franchement, on peut facilement s'en passer. Sauf si on a 3 joints dans la tronche (et encore), c'est assez chiant. Je suis pourtant tolérant en termes de musique, mais faut pas pousser ! Je ne comprends pas bien ce choix pour une première partie dans tel must quest Magma. Sur ce, longue vie à la Zeuhl !!!

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