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mercredi 15 février 2023

Un Magma à trois temps : II & III Cenon

 

Loin de vouloir "doublonner" avec le compte-rendu d'Eurydice sur le concert de Cholet,et plutôt de que faire succéder des mots aux mots, place aux images de ces deux soirées...
























mercredi 22 février 2017

Le quintet à Dinan devant une salle pleine !

Après l'Olympia, sa foule en délire, son flicage, ses interdictions diverses, son acoustique "douteuse", voici un retour en province qui fait du bien. Le centre historique de Dinan, où se trouve le théâtre des Jacobins, est magnifique. En arrivant devant la salle, nous tombons sur Christian en train de discuter avec le valeureux organisateur de la soirée. L'ambiance est détendue et propice aux échanges : L'Olympia, l'enregistrement de Zëss, Douarnenez 1992...
Quand nous revenons, une heure plus tard, la salle est déjà bien remplie. L'accueil est convivial et bien éloigné de la paranoïa urbaine... Philippe Dardelle est là, en voisin. La salle se comble peu à peu et les 528 places sont presque toutes occupées. 
Le quintet va délivrer deux sets généreux devant un public attentif et concentré. Je n'avais pas entendu Eric Prost depuis 2002 et son arrivée élargit le spectre sonore de la formation avec un joli brio. Les deux solistes, Jean-Michel Couchet toujours fidèle au poste, se relaient dans les chorus après avoir exposé le thème ensemble. Leurs tessitures se complètent et chacun explore l'âme coltranienne selon son propre cheminement intérieur, pouvant s'envoler sur la dense trame rythmique proposée par le trio. 
Constamment en mouvement, Emmanuel Grimonprez est l'épine dorsale de cette musique. Un rôle qui pourrait sembler ingrat, parfois, mais tellement fondamental... 
Laurent Fickelson prend visiblement du plaisir sur scène. Il assure avec un bel esprit les parties de McCoy Tyner, distillant ses interventions au gré de son inspiration mais toujours dans le respect de l'intention originelle. 
Dire que Christian Vander aime "jouer" cette musique est sans doute en deça de la vérité. Il la vit, avec cette intensité, cette démesure qui n'appartient qu'à lui. Toujours sur le fil, à l'écoute, guettant l'ouverture, la batteur est totalement au service de la musique de son maître, servant l'oeuvre coltranienne avec un engagement qui n'a pas faibli avec les années.
Afro Blue, India, Naïma, My Favorite Things, Transition, Lonnie's Lament, pour n'en citer que quelques-uns, se succèdent avec cette même exigence de respect et de musicalité.
Le public salue chaleureusement le quintet qui s'éclipse après sa première prestation en province.

Remercions l'association Jazz en Place et son mentor Patrick Jouannic pour cette belle soirée. On sent ici un véritable respect des musiciens et du public. Depuis 13 ans, l'association organise un festival en Août, dont voici quelques noms glannés au fil des ans : Simon Goubert, Emmanuel Bex, Jacques Pellen, Philippe Dardelle, Ricky Ford, Jean My Truong...

(p.s. personnel : merci au correspondant local de Ouest France qui, une fois accompli son labeur photographique, au bout de quelques morceaux, me légua sa place idéalement située pour que je puisse prendre de bons clichés ! Sympa et rare !)





mercredi 8 février 2017

La première de Chantier Public ou quand l'Albert Marcoeur devient conteur

Passer de l'Olympia, de sa salle pleine et de la puissance sonore d'une quarantaine de musiciens à l'intimité d'un charmant troquet alternatif du front de mer nazairien, voilà de quoi illustrer le paradoxe du chroniqueur !
Albert Marcoeur cultive désormais les formules réduites. Après l'approche franco-helvète de Et Bien d'Autres (voir ICI et LA), formation qui n'est hélas plus d'actualité, c'est à la première d'une collaboration avec deux "bretons" (rassurez-moi Saint Nazaire, c'est bien en Bretagne ?) que nous avons pu assister Samedi dernier. Avec, au saxophone baryton, et parfois à la bombarde, Ronan le Gouriérec, que certains ont pu découvrir dans l'Occidentale de Fanfare, et, aux illustrations, Yves Magne.
Autant le dire, nous sommes ici dans un contexte extrêmement minimal. Alors que Marcoeur nous raconte de drôles d'histoires, avec ce regard qui n'appartient qu'à lui, le saxophoniste alterne riffs et climats pendant que Yves Magne s'active aux pinceaux derrière.
Lu comme cela, on peut se demander, de façon légitime, de quoi il s'agit finalement ? Concert ? Pas vraiment... Une forme de happening, plus sûrement... A coup sûr, un truc pas vraiment normal, un mélange des genres qui fonctionne et qui vous capte malgré l'économie de moyens développée ici. La ligne directrice est, ici, impulsée, par les textes d'Albert Marcoeur, des rêves de cigarettes de l'ancien fumeur, aux contrôles de la RATP et de la SNCF (évidemment !), en passant par les droits d'auteur au temps des gaulois, on retrouve ce regard et ce verbe qui n'appartiennent qu'à lui. Il y a du conteur dans cet homme là, un subtil décalage oblique tellement salvateur en ces temps de pensée unique...
Même si on est à des années lumières du foisonnement instrumental de naguère, la signature est pourtant toujours présente. Entre textes, moments musicaux et images, Chantier Public fait partie de ces moments rares, fragiles et quelque part improbables... A l'image de l'Albert finalement !

Aux dernières nouvelles, il semblerait que l'affaire puisse se renouveler au printemps, dans le même lieu. Et si vous passez par la cité nazairienne, n'hésitez pas à vous arrêter boire un verre, ou plus, à Sous les Palmiers, La Plage, attachant endroit situé face à la mer...










mercredi 1 février 2017

La nouvelle photo de groupe de Magma

Cela vient de paraître en ligne sur le site de Paris Match (en papier aussi ?) avec une interview de Stella en bonus. Nous n'avons pas le nom du photographe pour le moment par contre.
Certains l'avaient peut-être déjà découverte sur le site officiel du groupe depuis quelques jours mais dans une version un peu différente...

dimanche 11 décembre 2016

Magma à Rennes ce Samedi 26 Novembre

Presque trois ans après, nous voici, à nouveau, montés à l'Etage voir Magma. La salle est toujours aussi désagréable, un couloir sans âme où il fait déjà très chaud alors que le public n'est pas encore totalement là. Etat d'urgence oblige, fouille à l'appui, nous rentrons... Nostalgie de ces années, passées trop vite avec le recul, où nous pouvions entrer librement mais les temps ont changé... Mais je me souviens néanmois du J7 des forces de l'ordre à côté du Cinéma le Paris en Novembre 1978...
La salle se remplit doucement et se remplit encore... pas de doute il y a plus de monde qu'il y a trois ans, dans les 900 spectateurs, à la "louche". Saluons, au passage, la fidélité de Garmonbozia qui programme Magma régulièrement depuis 2000...


Le groupe n'est plus tout à fait le même depuis son dernier passage dans la capitale bretonne, Jérome Martineau et Rudy Blas (le régional de l'étape pour les amateurs de Tour de France) ayant rejoints les rangs de la Zeuhl Wortz, chacun dans un contexte différent et avec sa personnalité, tels deux pôles apparemment opposés dans leurs attitudes scéniques mais finalement complémentaires. Du répertoire du concert de 2013 il ne reste que l'inamovible MDK toujours attendu par un public où les générations se mèlent toujours autant. Un fait notable cependant : les "metalleux" plus nombreux qu'à l'accoutumée en ces terres bretonnes ! Un effet du Hellfest peut être ? (voir ICI  une chronique du concert de samedi sur un site dédié...).

Depuis Février, Magma débute son concert parTheusz Hamtaahk qui avait déserté le répertoire du groupe depuis 2003 à l'exception de la première semaine "mythique et légendaire" au Triton en Juin 2005. Le groupe fait preuve d'une belle cohésion alors que les changements se sont succédés ces
derniers mois. Dans les séquences "calmes", le vibraphone de Benoît Alziary, souvent rejoint par la guitare,  installe de belles ambiances. Hervé Aknin s'est bien emparé de ce morceau certes épique mais néanmoins délicat dans les successions de séquences très différentes. Mais quand le "rite" survient et que la voix de Christian Vander prend possession de l'espace et répond à celle de Hervé, la magie Zeuhlienne agit... On a beau connaître le morceau par coeur, sous ses différentes moutures de 1972 à maintenant, il y a toujours des surprises : ici des ambiances de vibraphone, là des climats de guitare et quelques déclenchements de "machines", via une petit boitier, par Stella. Le morceau, exigeant,  n'est pas le plus gratifiant pour les deux nouveaux arrivés mais il permet, néanmoins, de se rendre compte de la somme de travail qu'ils ont abattu tous deux. Jérome Martineau serait-il le premier pianiste de Magma à jouer debout ? En tous cas, il bouge tout le temps, avec une belle énergie, une présence indéniable pour tenir la barraque et il rompt même avec la tradition du Fender Rhodes... Un concert Magma sans Rhodes, jamais vu ! Rudy Blas est plus effacé, sobre, appliqué. Autant Jim Grandcamp se situait dans une signature sonore preque "Gorgoesque", autant Rudy se place dans la droite ligne du jeu de James. Il a déjà une bonne présence sonore dans le groupe, il lui reste cependant à acquérir un peu d'aisance mais le fait de jouer là dans "sa" ville lui a certainement mis une pression supplémentaire. Zombies achève puissamment un premier set mené tambour battant. A propos de tambour, notons que le nouvelle batterie de Christian Vander me donne l'impression de sonner largement mieux que la précédente qui commencait, sans doute, à accuser le poids des années... et des coups ! Le son de grosse caisse est ainsi beaucoup plus présent que ces dernières années et le batteur semble prendre plaisir à dompter sa nouvelle monture...


Après une pause plus longue qu'annoncée, ce sont les premières notes de MDK qui emplissent la salle rennaise. Cela fait quatre ans que le morceau est "revenu" dans le répertoire de Magma, sous une forme achevée qui ne connaît plus trop de mutations, l'oeuvre étant désormais définitive. Une version maîtrisée donc, saluée par le public comme il est de coutume, public qui accueillera chaleureusement le chorus de voix de Christian Vander. La manière dont ce dernier parvient à renouveler l'exercice est assez prodigieuse. Un moment intense, magique et fragile qui rassemble les différentes veines du compositeur tant on est proche ici des chorus coltraniens d'Offering...
Autre moment d'émotion avec la présence, à la demande de Stella, de James Mc Gaw, venu en voisin, lors de la présentation des musiciens. C'est avec une version assez "libre" et "ouverte" de Kobaïa que le concert s'achève, permettant aux solistes de s'exprimer et de rappeler combien cette musique provient aussi du jazz...

Il faudra désormais attendre les deux concerts exceptionnels à l'Olympia pour revoir le groupe, dans un contexte certes différent ! Sans oublier une tournée française au printemps qui laisse présager du meilleur.



dimanche 26 juin 2016

Magma au Hellfest : encore des images mais aussi un compte rendu !

Après un retour en photos sur ce concert qui fera date, voici une chronique d'un autre habitué des lieux, à savoir Gabriel de Ramefort, qui nous fait partager ici ses impressions ainsi que quelques clichés...










Vendredi 17 juin nous voici donc au Hellfest de Clisson, 11ème fois que les métalleux de tous poils se retrouvent au cœur du vignoble du muscadet pour leur pèlerinage annuel.

Tout d'abord pour ceux qui ne connaîtraient pas encore le Hellfest quelques petits chiffres : C'est le 2ème plus gros festival de "musique extrême" d'Europe (après le Waken Open Air allemand), un site de 45 ha, 160000 festivaliers en 3 jours, 6 scènes, 4 concerts en permanence, 160 groupes (du plus conventionnel au plus extrême) , des milliers de litres de bières (approvisionnés par pipeline), de la sueur , de la poussière et beaucoup de sympathie et d'ouverture d'esprit.


Après une longue attente pour entrer, nous voici sur le site mon frère et moi. Les décibels sont déjà à fond depuis 10h le matin et l'ambiance est déjà bonne, malgré le temps incertain. Sur les milliers de T-shirt noirs j'en croise plus d'un arborant le sigle de Magma ce qui fait plaisir à voir étant habitué à être le seul à le porter, en règle générale, dans ce genre de concert. Le public est là c'est sûr et des métalleux me parlent de Magma apparemment ravis de les voir se produire.

La journée se déroule  avec des concerts aussi divers que Anthrax, Inquisition ou encore Sacred Reich... Magma est annoncé à 21h30 sur la scène "The Valley".

Un violent abat d'eau m'incite à me réfugier plus tôt que prévu sous la tente de cette scène voyant ainsi la fin du set du groupe précédant Magma (The Melvins), je décide d'y rester durant la petite heure de transition. J'assiste ainsi à l'installation de la scène faite en partie par les musiciens eux mêmes, Vander accordant  batterie et les autres membres du groupe s'installent comme à la maison. Je souris en voyant un bénévole de l'organisation peiner en portant les pieds de cymbales de Christian lestés de leurs disques en fonte... Une petite balance envoyée déjà haut la main et énergiquement  (extraits de Theusz Hamtaahk) annonce un concert puissant. La tente se remplit d'un public varié de métalleux jeunes et moins jeunes connaisseurs ou curieux.

21h30 : les lumières s'éteignent et le groupe attaque un violent Theusz Hamtaahk, le groupe jauge le public et fait monter son énergie progressivement. La puissance du groupe est phénoménale, Le groupe est rodé, huilé, soudé par une longue tournée ce qui fait plaisir à voir. Rudy Blas remplace l'éphémère Jim Grandcamp à la guitare, le son de sa Les Paul est plus discret mais il joue bien et est parfaitement dedans. Le "Temps de la Haine" est mené tambour battant et le public explose dès la sa dernière note. Quelques secondes pour respirer et le groupe enchaîne avec Mëkanïk pour la plus grande joie du public qui exulte.  Je regarde ma montre, 35 minutes sont déjà passées et je me demande comment ils vont réussir à boucler le concert avec les 20 minutes qui leur reste (les concerts étant limités, en règle générale, à 55 minutes). Toujours avec autant d'énergie, la martialité du MDK broie et écrase le public de son intensité, il va vite, fonce et ne s'arrête pas. Le groupe joue tête dans le guidon, Christian Vander est, une fois de plus, magistral derrière ses fûts et Bussonnet impérial de sobriété et d'efficacité.


Le concert se termine au bout de 65 min. 65 min d'énergie, de violence et de virtuosité, du grand Magma. L'ovation des 7000 festivaliers est impressionnante et dure bien 5 minutes, Vander est aux anges au vu de son sourire. Le pari est gagné, le groupe a réussi son examen de passage au Hellfest et devant un public pas forcément enclin à sa musique. La tente peine à se vider tant le public est sur son nuage. Je discute un peu avec d'autres festivaliers qui m'avouent s'être pris une grosse claque à laquelle ils ne s'attendaient pas. Je confirme, étant pourtant habitué à les voir.

Rammstein qui suivra sur la Main Stage 1 me paraîtra bien sage après l'intensité de ce concert.
Nombre de festivaliers m'ont reparlé de ce concert et tout au long du festival les sigles fleurissaient ici et là (même en maquillage sur le visage ou en patch fait maison sur le veste en jean aux cotés de Judas Priest ou ACDC...). Ce concert fera date j'espère, les comptes rendus ici et là le placent parmi l'un des meilleurs sets du Fest... J'espère y revoir le groupe  dans les années qui viennent.

mercredi 22 juin 2016

Retour sur le Hellfest en photos

Si on en croit les diverses réactions sur les réseaux sociaux, et même ici, le concert de Vendredi dernier fera date... Raison de plus de s'attarder un peu sur cet évènement en images grâce à notre fidèle ami photographe, Pierre de Ramefort, habitué des scènes de la bonne ville de Clisson...