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dimanche 1 septembre 2019

4 bis - Ils en ont parlé : Bill Wyman (Rolling Stones, 1974)

Extra n°43, juin 1974
Bien, pour d'obscures raisons techniques et psychologiques*, j'ai un peu mis de coté cette rubrique alors qu'il me reste beaucoup de matériel. Nul n'est parfais, même moi ...!!
Le 18 mars 2013, un lundi, j'avais déjà évoqué ce que disaitle fameux William dans un autre magazine, lui aussi disparu depuis, Best n°70 édité un mois plus tôt, vous pourrez le juger par vous même Ici. Et voilà qu'un mois plus tard, sort en kiosque, heureuse époque où il y en avait un peu partout, une autre interview de ce cher Bill (j'évite les répétitions comme vous pouvez le constater).
Et finalement les deux textes se recoupent, ce qui tendrait à prouver que cette, pardon, ces interviews, n'étaient pas bidonnées, pourtant chose assez courante dans l'édition, en particulier pour le courrier des lecteurs.
Alors ce cher Bassiste nous dit d'abord l'inutilité qu'il y a à refaire la même chose que d'autres ont fait avant, nous sommes bien d'accord, et que Magma, même s'il n'en comprend ni le langage ni la musique, mais au moins, ils cherchent à faire quelque chose de différent, avec des inspirations, mais au résultat final, une musique nouvelle. Nous ne pouvons que partager cette affirmation, à la différence de notre passion pour cette musique envoutante.
Ensuite, il évoque l'Europe musicale non anglophone en séquençant certains pays qui, à ses oreilles, s'en sortent plus ou moins bien, et pour la France, dit-il, il n'en voit rien sortir. Bigre, alors que quelques lignes plus tôt, il en ensence un, et là, hop, plus rien ! Ce stonien serait-il stone ?
Voilà, c'était pour revenir sur le sujet avec cette petite interview vue sur Facebook tout récemment (merci au scanneur dont je n'ai pas noté le nom).


* et oui, il me manque au moins une interview de Johnny Rotten de la fin des seventies et sans doute d'autres de cette même époque, voire des eighties, comme une de Peter Gabriel (pas sûr quand même) et de...
Si vous en savez plus ou si vous avez ces infos, merci de nous faire suivre, au moins les références de ces magazines, et, avec un peu de chance, on pourra mettre la main dessus...

lundi 31 mars 2014

12 - Ils en ont parlé : Francis Decamps & Daniel Haas (Ange, 1977)

Une quatrième mais, peut être, dernière apparition pour cette formation française, Ange, dans nos colonnes, au moins concernant cette rubrique (Ici et ).

Comme le dit le journaliste du mensuel musical préféré des jeunes rockers de cette époque lointaine (!), plutôt que d'interroger pour la énième fois le mentor d'Ange, cette interview sera conduite avec son frère, Francis (orgue), et Daniel Haas (bassiste).

Cet entretien se passe sous forme de blind test et Magma est positionné entre Sphéroé (dont Francis trouve que la rythmique rappelle Magma...) et Spirit, deux formations passées à la postérité de façons bien différentes ! Les résultats de l'ensemble du test sont moyens mais Francis réagit de suite sur Magma (merci !)
Il y fait allusion à un passé assez récent (voir les liens en haut) et plutôt tumultueux entre les deux Christian. L'orage à ce moment là avait l'air d'être derrière eux, et même s'il n'apprécie pas la globalité du message vandérien, ce qui est son droit, il est tout de même positif, voire enjoué, au moins pour l'album Live Hhaï.
Ce qui est amusant et surprenant dans sa réponse, c'est le passage sur le kobaïen, langage lui faisant penser à un groupe polonais (vous le connaissez ? moi pas). Amusant car savait-il que Christian a toujours revendiqué des origines polonaises et, pour Magma, un apport des musiques et musiciens d'Europe Centrale, donc aussi polonais ?

Quant à Daniel Haas, son excuse fait scolaire ! Vu le nombre de concerts de Magma dans les années 70, il aurait pu assister à l'un d'entre eux. En tout cas, moi j'aurais bien aimé... !


Interview de Michel Bourre, parue dans Rock & Folk n°125 de Juin 1977.

jeudi 10 octobre 2013

11 - Ils en ont parlé : Genesis (Genesis, 1977)


















Genesis ? Vous vous souvenez d'eux ? Certainement jusqu'au départ de Peter Gabriel, mais après, beaucoup moins sans doute. Et oui, l'originalité de leur musique s'en est allée ailleurs...

Donc ici, nous avons une interview avec tous les membres du groupes fin 1976, et au fil des questions, il fut posée celle-ci : Magma, vous connaissez  ?

Tony Banks, claviers, lui n'a jamais entendu parler de Magma. Bon. Si l'on s'arrête sur ce point, les claviers, effectivement Magma n'a jamais eu une réputation internationale dans ce domaine. D'autant plus qu'en ce temps, les Genesis, Yes, Vangelis ou les synthés allemands tenaient le haut du pavé et étaient bien loin de la musique vandérienne. Alors peut être est ce cela...
Phil Collins, batteur, ne sais rien de Magma sinon que leur batteur a fait tellement parler de lui que s'en est venu jusqu'à ses oreilles ! Et à relire un referendum de cette époque*, il était donné (presque) vainqueur dans sa catégorie. Mais pas très curieux, au moins de son instrument, le co-vainqueur !
Steve Hackett, guitares, est bien plus curieux, d'autant plus pour quelqu'un qui n'écoute que peu de musique. Il connait suffisamment Magma au point d'en citer un album, Köhntarkösz, en plus oeuvre assez difficile d'accès si l'on ne connait ou l'on ne débute que par celui-là. En anecdote, petite info quand il dit que son frère est "fan" de Magma. D'un groupe non anglophone, difficile d'accès, cela était sans doute assez rare en ce temps outre-Manche, et si c'était maintenant, ce serait presque impensable !
Mike Rutherford, basse, n'a jamais eu écho de Magma. Dommage, car Jannick Top avait une grande notoriété en France en ce temps, qui allait, la décennie suivante, déborder à l'étranger. Peut être aurait il pu s'intéresser à Magma par l'intermédiaire de son instrument favori, la basse. Mais non, cela n'a pas eu lieu. La basse, élément essentiel pour Magma qui a révélé en plus de Jannick, Bernard Paganotti ou Philippe Bussonnet, entre autres, mais c'est une autre histoire.

Il est amusant de comparer les réponses ici données par ces musiciens avec celles faites par Robert Wyatt (Ici) voire Bill Wyman (Ici) par exemples. Serait-ce dû uniquement à la culture musicale de chacun ? Ou la curiosité de découvrir des champs (chants ?) inconnus ? 
Bill Wyman, musicien d'un groupe rock s'il en est, où n'existerait que le "sex, drugs and rock'n roll" à opposé à la vision culturelle élargie du "progressive rock" de Genesis ? Et pourtant qui est le plus curieux ? Ah, Peter Gabriel ne faisait plus partie du groupe, ce doit être pour ça...
Peut être aussi suis-je partial, il n'en demeure pas moins que l'on peut être curieux et élargir son écoute bien au-delà du type de musique qui nous intéresse.


Interview parue dans Rock & Folk en janvier 1977, n° 120.
Je n'ai pas noté le nom du journaliste, mais qu'il en soit remercié ici !

* Best n° 105 d'avril 1977 : batteur 2 = P. Collins, Groupe 1 = Genesis, 33t 1 = Genesis, prestation scénique 2 = Genesis...

mercredi 8 mai 2013

10 - Ils en ont parlé : Alexandro Jodorowsky (Dune, 1976)



Continuons l'année 1976 avec une interview d'un homme de cinéma, cela nous change du monde musical habituel de ces entretiens.
Alexandro Jodorowsky, auteur, cinéaste et acteur chilien a eu le projet de monter le roman "Dune" pour le grand écran. Le projet sera abandonné en 1977 et, certainement de manière très différente de la pensée de Jodorowsky, sera matérialisé par David Lynch en 1984.
Pour cette oeuvre, il a contacté, entre autres, Jean Giraud (alias "Moebius") et Hans Ruedi Giger pour les costumes et décors (voir Ici), Magma et Pink Floyd pour la musique.
Est-ce que cette réunion (Magma-Giger pour la planète des Harkonnen) fut le premier jalon qui a abouti plus tard à la réalisation de la pochette d'Attahk, mystère ?

Afin de mieux percevoir ce que pense Jodorowsky de l'apport d'une bande son, nous avons laissé toute cette partie consacré à la musique, donc pas seulement le passage sur Magma. Et en plus il y parle d'Henry Cow, alors profitons en !

Globalement, une première idée se dégage. La vision de Magma par les français et les non français. Rien à voir ! Relisez ce qu'en disent Wyatt (Ici) ou Wyman (Ici) et maintenant Jodorowsky. Il y a une recherche des racines de cette musique, de ce qu'ils veulent exprimer par leurs compositions mais aussi sur leurs idées, pensées, les symboles exprimés... Bref, si différent des futilités hexagonales.

Approché d'abord et invité ensuite à un concert, Jodorowsky fut donc impressionné par la puissance des messages rayonnant de l'univers de Magma. Et ce en de multiples directions au point, dit-il, d'en avoir créer un univers propre, tel celui des Templiers (en espérant que la fin soit différente pour les musiciens !).
Il met l'accent sur la filiation européenne de Magma, de son autonomie face à la puissance de l'influence américaine, si rare en ce temps en France et en Europe.
Lui, enfin, n'a pas vu dans le symbolisme de Magma une réminiscence des années sombres du vingtième siècle, mais celui de la création d'un mouvement, d'une société et d'un univers propre, avec ses codes, ses racines et sa philosophie.
Décidément, nul n'est prophète en son pays...


Interview de Marjorie Alessandrini, publiée dans Rock & Folk, n°112 de mai 1976.

mardi 7 mai 2013

11 - Ils en ont parlé : Tangerine Dream (1976)


Pour clôturer cette année 1976, une interview des membres de Tangerine Dream. Enfin ceux qui sont encore debout...

Le passage sur Magma y est plutôt bref.
D'autant plus bref pour Peter Baumann qui ne peut plus s'exprimer sur Magma après l'avoir trop fait sur le Châteauneuf du Pape ! Néanmoins, il aurait pu nous en dire plus ou alors il n'avait rien à dire à ce sujet ...

Edgar Froese, amateur de bons vins français lui aussi, apprécie aussi les talents de Christian Vander, au moins à la batterie. Il préfère le Magma première (cuivres...) et deuxième version (Jannick Top) à celle du renouveau de cette époque (Lockwood-Paga).
Et puis, pour un claviériste de musiques électro-planantes, préférer Magma à Pink Floyd, cela ne manque pas d'étonner ni de piment !

Interview de Jean-Marc Bailleux, parue dans Rock & Folk n°119 de décembre 1976.
Mes remerciements à Daniel "Akoustikus" pour le signalement et les scans de cette interview.

dimanche 28 avril 2013

9 - Ils en ont parlé : Christian Decamps (Ange, 1976)

Rock & Folk n°111
Atem n°2






















Outre Didier Malherbe, une autre interview figure dans ce Rock & Folk d'avril 1976.
Avant de la lire, il est essentiel de prendre connaissance d'un autre entretien pour mieux comprendre le contexte.

Fin 1975, Christian Vander répond aux questions de Gérard Nguyen pour Atem. Et même si ce fanzine n'eu pas une grande distribution, je pense que Christian Decamps, leader d'Ange, en a eu écho. 
Et il faut dire que Christian Vander y va fort, très fort même, sans langue de bois ou formule apaisante. Mais il y est très honnête, et réaliste, dans son appréciation du milieu musical français. 

Venons en à ce que dit Christian Decamps.
Peu de temps après, le chanteur belfortain constate qu'un mauvais esprit règne en France, et ce, tout particulièrement par la faute de Christian Vander et de son manager Giorgio Gomelski (voir  Ici).
Alors il commence par nous ressortir son complexe d'infériorité technique, complexe récurrent en France face à Magma (voir Ici). On pourrait aussi ajouter infériorité créatrice, mélodique et rythmique ! Soyons humble  nous aussi...

Principalement, le problème serait, en fait, une jalousie due à l'écart des ventes d'albums. Je ne peux, et ne veux répondre pour notre Kommandëhr suprème, mais je doute fort que ce soit la raison.
Toujours et de tous temps, Christian Vander en a eu après ces musiciens de la scène française qui se croyaient au firmament de leur art alors qu'ils ne faisaient qu'une pâle copie des anglo-américains, sans aucune création.
Je crois que le temps et les oeuvres gravées nous disent qui a eu raison !

Quant à Klaus, il faudrait que Christan Decamps relise l'entretien paru dans Best n°56. Certes, Klaus y est plus diplomate, mais il est tout aussi réaliste sur Ange.


Interview de Gérard Nguyen, parue dans Atem n°2 de janvier 1976.
Interview de Jean-Marc Bailleux, parue dans Rock & Folk n°111 d'avril 1976.

jeudi 11 avril 2013

8 - Ils en ont parlé : Didier Malherbe (Gong, 1976)



Pas d'interview pour 1975, donc nous passons à 1976 avec cette interview du souffleur de Gong.
Un Gong en pleine mutation, avec la sortie de Shamal, et dont Didier Malherbe reste le seul membre d'origine.

Vous vous souvenez, les années 70 avec ses référendums (sic) où tel groupe était le meilleur ou tel musicien le plus fort dans sa catégorie.
Didier, dans sa première réponse, va dans ce sens avec ce besoin de comparaison entre Christian Vander et Pierre Moerlen. Sans doute question d'époque et aussi la nécessité de repères par l'humain. Avouons le, nous sommes tous un petit peu comme cela aussi...
Néanmoins, est-il utile de chercher à dire que l'un est meilleurs que l'autre ? Les parcours et les origines sont différents. Ils sont, ou était malheureusement pour Pierre Moerlen, d'excellents techniciens, virtuoses de cet instrument, donc inutile de vouloir trouver une échelle de valeurs.
Et puis Pierre a participé quelques semaines à l'aventure de Magma (octobre 1981), mais là, Didier l'ignorait en ce temps...

Didier revient, pour la deuxième question, sur le rapport Magma-Gong. D'une part, en disant que leurs musiques et pensées étaient en opposition. Et d'autre part, sur une supposée antithèse comportementale, voire technique. L'arrivée de Pierre Moerlen, ainsi que le virage musical opéré, réduisant à néant ces complexes dit-il.
Bien sûr que certains (musiciens, producteurs, journalistes...) ont cherché, pour différentes raisons, à entretenir ce type de climat. Certaines déclarations de Christian ou Klaus durant ces années là ont été mal vécu par les destinataires. Et comme nous n'entrerons pas dans ce débat, alors disons que le chapitre est fermé depuis longtemps !
Et puis, nous, on aime bien ces deux formations...

Interview de Michel Bourre extraite de Rock & Folk, n°111 d'avril 1976.

lundi 18 mars 2013

4 - Ils en ont parlé : Bill Wyman (Rolling Stones, 1974)

Best n°70, mai 1974

J'ai été surpris de lire ces lignes de Bill Wyman. J'attendais cela de Charlie Watts, qu'il nous conte sa passion pour le jazz et, pourquoi pas, qu'il aborde Christian Vander et John Coltrane. Non, c'est par le truchement du Stones le plus modeste, le plus discret, féru de blues, qu'arrive cette petite mention zeuhlienne.

Alors Magma nouveau groupe en 1974, quand même pas, mais outre-Manche et via MDK paru en 1973 et première pierre anglophone, c'est plus logique. Et que ce soit Giorgio Gomelsky, ancien manager des Stones et, à cette époque, celui de Magma, qui initie ce pondéré bassiste n'est pas étonnant du tout, quoique, je croyais qu'il y avait de la rancoeur entre eux... Toute une nuit à écouter et discuter de Magma, (qui en ce temps n'avait que peu d'albums à son actif) on aurait bien aimer y participer !

Et merci à Bill pour son acuité, car oui, Magma ne doit rien aux précurseurs anglo-saxons, et pour cause, prochainement Robert Wyatt nous en dira plus à ce sujet... (voir Ici)

Interview de Sacha Reins.
Merci à Mémo de m'avoir signaler cette interview et à Rod pour ses scans !

lundi 4 mars 2013

7 - Ils en ont parlé : Robert Wyatt (ex Soft Machine, 1974)

Best n°77, décembre 1974
Septième chronique de cette série et première interview d'un batteur.
Malgré la modestie de ses propos, Robert est un excellent batteur, un compositeur sensible et est doué d'une expertise sûre.

A la suite des concerts en Grande-Bretagne*, la notoriété de Magma a été grandissante au pays d'Albion. De nombreux musiciens de renom se sont intéressés à ce nouveau phénomène, allant de Robert Wyatt à David Bowie en passant par Bill Wyman. La presse musicale anglaise a fait écho des concerts ou sorties de disques par de nombreux articles. Magma a véritablement provoqué la curiosité outre-Manche à cette époque.
De plus, comme pour Christian fondant le courant "Zeuhl", il est à l'origine d'une autre tendance (avec les autres membres de Soft Machine), le style "Canterbury". Ce n'est pas rien, cela prouve l'invention, la création, les recherches de ce musicien hors pair.
Un autre point commun, son rôle de chanteur. Il fût celui de Soft Machine, et l'on sait toute la difficulté qu'il y a d'être à la fois chanteur et batteur, d'autant plus pour un percussionniste de ce tempérament. Rôle que Christian endossait, en complément avec Klaus sur certains thèmes.

Pour revenir à cette interview, la première impression exprimée par Robert, est cette impassibilité face à la musique de Magma. Il ne la ressent pas. Libre à lui bien sûr, car la musique de Magma donne des avis tranchés, on aime ou on aime pas, pas de demi mesure.
Mais dans la foulée, il note l'utilisation et la continuation par Magma de l'héritage folklorique européen. En cela il est le premier à le dire, et peut être le dernier à l'évoquer.
Il place également Magma dans la musique classique et non vers le pop/rock. La filiation, et de la musique, et de la théâtralisation, viennent de cette source classique.
Toujours dans son analyse, simple, claire et pointue, son ressenti du langage kobaïen. Il veut dire que ce langage est un mode d'expression de son et non de sens. Plus un langage de couleur, d'évocation par la tonalité que par le sens d'un mot.
La musique de Magma, à ses yeux (aux nôtres aussi !) a bel et bien la forme d'un opéra. Le mélange de la musique, du chant est des costumes formant un tout indissociable. Cela ne le fût point de tout temps, mais en cette période et avec les compositions jouées en 1973-1974**, c'était réellement le cas.

La fin de cet extrait le ramène vers ses sources. Une dérision poétique des mots et des textes. Une utilisation amusante et tout aussi sérieuse de la langue shakespearienne. C'est bien Robert, simple mais pas simpliste !

* Reading festival en août 1973, tournée(s) fin 1973 février/mars et juin 1974.
** MDK, Köhntarkösz, Theusz Hamtaahk.

Interview de Christian Lebrun.

Interview's translation :

Have you listened to Magma?
RW: I have. They are very… impressive. They don’t speak to me though… They speak to someone else. They are the kind of musicians who have now enough presence technically to take back and use the European music heritage. To me, they have something which is very Wagnerian. And all this grandeur in the performance is because they are in competition with these great composers. And I am way away from this. They consider their use of words and their language as very serious things. The way I use the language is not. It comes from my listening of many ridiculous British comedians I would love to be a part of. Even Edwardian poets loved to break the English language apart. This is where I come from. It is nothing but a pure joke. Nothing serious, even though jokes can be serious, but that is another story…






mardi 26 février 2013

5 - Ils en ont parlé : Christian Décamps (Ange, 1974)

The Times they are a-changin' disait Dylan en 1964. Dix ans plus tard...

Lors d'une précédente interview (voir Ici), Christian Décamps faisait l'éloge de Magma, sans polémique, et exprimait son admiration sur les techniques (vocales & musicales) de ses musiciens. Surtout de son chanteur "monumental" !
Nous étions début 1973.
Entre temps nos amis kobaïens ont exprimés tout ce qu'ils pensaient du vide et de la médiocrité musicale française en général (Best 56 ou Rock & Folk 85).
Nous sommes maintenant mi 1974.
Rock & Folk n°90, juillet 1974
Le chanteur d'Ange dit souhaiter un rapprochement entre les groupes français et d'avoir tenter de contacter Magma au château d'Hérouville. 
Et le meneur d'Ange d'ajouter que Giorgio Gomelski les comparait à Sheila ! Humour caustique, subversif et dur à entendre ! Mais néanmoins vrai, dans le sens ou ils ne sont pas dans le même registre. Aux antipodes l'un de l'autre. Sinon le prénom du leader...
Alors, les musiciens d'Ange n'ont pas colporté ce genre de propos, dit-il. Merci à eux, mais c'est logique aussi. On peut ne pas aimer ce que fait Magma, bien sûr, mais pas lui reprocher sa technicité ou la complexité de ses compositions, ce serait inapproprié.
L'épilogue de cet extrait est intéressant. Il s'étonne que les musiciens ne partagent pas leurs trouvailles entre eux... 
Etonnant, non !

Interview de François-René Cristiani.

mercredi 20 février 2013

6 - Ils en ont parlé : Jean-Bernard Hebey (RTL, 1974)


Rock & Folk n°91, août 1974


Jean-Bernard Hebey est un homme de radio et de télévision*, animateur, directeur de programme sur RTL, producteur.
Il est utile de rappeler que jusqu'en 1982, les ondes françaises étaient partagées entre l'ORTF et quatre radios périphériques. Pas de bande FM et ses multiples stations locales ou nationales avant 1982, un quasi désert sonore !
Quelques émissions radios diffusant de la "pop musique" ont existé, le soir ou la nuit, et c'est dans l'une d'elles sur RTL qu'opérait J.B. Hebey.
Les motivations commerciales (publicité) de ces radios favorisaient les titres courts (3-4 mn) ce qui  interdisait Magma d'antenne.
Mais pas seulement. Et c'est cela qui donne de l'intérêt à cette petite mention de Magma dans cette interview.

Cet animateur radio se plaint que la "pop française" ne soit pas diffusée par les voies hertziennes et cathodiques. Et qu'une, sinon la solution, serait la simplicité des textes, tels ceux d'America.
Alors, entendre cela d'un directeur de programme explique aussi la motivation des choix musicaux de cette époque. De la musique simple et facile pour des oreilles peu exigeantes !
Dans la foulée, et c'est le pourquoi de cette rubrique (Ils en ont parlé), il ajoute que la musique de Magma, enfin plutôt le kobaïen, est plastique (?) et sans âme !!!
A nouveau, qu'il n'aime pas cette musique n'est pas un problème, mais de dire qu'elle est vide, creuse, sans âme ? Donc, la création originale n'a pas ses faveurs. L'inspiration des folklores européens ou de la musique classique non plus. Seule une pâle copie anglo-saxonne pourrait avoir l'honneur de la diffusion, à l'exception de Pierre Vassiliu !
Alors la fin de son interview ne surprend plus, sauf lui !
Mais c'est vrai, rien n'a vraiment changé. Toujours pas, enfin peu, de Magma dans nos médias...

* Europe 1 de 1966 à 1968, RTL de 1968 à 1981, radios FM, France Télévisions et Radio France    depuis 1981



lundi 21 janvier 2013

3 - Ils en ont parlé : Christian Décamps (Ange, 1973)

Rock & Folk n°72 de janvier 1973
Best n°55 de février 1973




















En 1973, Magma, non sans difficulté, est bien installé dans le paysage musical français. La première vague des groupes hexagonaux a sombré (Martin Circus, Zoo) ou arrive en fin d'existence (Variations, Triangle ou Dynastie Crisis). Seuls Magma, Gong et Ange s'en sortiront.

La toute première question va dans ce sens. D'affirmer que Magma est le seul groupe français qui marquera son temps, est prémonitoire de la part de Christian Décamps.
Il dit aussi que Magma a fait découvrir Stravinsky et d'autres musiciens russes. Je pense qu'il commet une erreur et qu'il voulait dire slaves et Germaniques (pensant à Bartok, hongrois ou Wagner et Orff, allemands).
Son analyse du rôle de la Pop Music est plutôt amusante. Constater que cette musique serait le moyen de faire connaitre les autres grandes formes de musique peu surprendre au premier abord. Peut être pense-t-il que certains lecteurs chercheront quelles sont les sources d'inspiration des musiciens pop/rock*, ou bien à certains thèmes classiques revisités (Nice, ELP), ou alors aux musiciens opérant dans plusieurs univers (Mc Laughlin, Santana...). Tiré de Rock & Folk.

Dans Best cette fois-ci, l'on peut constater avec un peu d'étonnement, que Christian D. a plus été marqué par l'interprétation de Klaus que par celle de Christian V. Sans doute son rôle de chanteur a-t-il plus focalisé son attention, bien que Christian V. ne soit pas en reste dans ce registre.
C'est dans cette interview que Christian D. dit cette fameuse phrase : "Klaus, ce n'est pas un chanteur, c'est une cathédrale !". Klaus y fait référence dans une interview dans des termes moins élogieux** ! Autre débat...
En tout cas, il est réellement et sincèrement impressionné des capacités vocales et techniques de son alter ego kobaïen, nous aussi !
Il reprend à nouveau le thème des compositeurs russes commettant la même erreur.

Ces interviews de Christian Décamps sont parues après le décernement du Grand Prix de la Pop Music Française (sic), à Ange devant Dynastie Crisis. Ophiucus et Magma ayant été déclaré troisième ex-aequo ! Là encore le recul est cruel pour certains...

*   (cf C. Vander disant qu'Eric Clapton écoute et s'inspire de J. Coltrane, par exemple).
** dans Juke-Box Magazine n°170 d'octobre 2001 "Ca m'avait flatté, je l'appelle pour le remercier et il     m'invite à un concert. La purge ! Je ne veux pas être méchant mais je n'aimais pas du tout ça."
Merci à Akoustikus pour cette recherche documentaire.

L'interview de Rock & Folk est de Jacques Chabiron.
Celle de Best de Jean-Paul Commin.

lundi 7 janvier 2013

2 - Ils en ont parlé : Eddy Mitchell (1972)

Pop Music Superhebdo n°103

Pop2000, n°8





















Ces extraits font suite à la sortie de l'album "Zig-Zag" d'Eddy Mitchell.

Dans la première interview, Eddy laisse un doute en disant qu'il se serait fait accompagner par Magma (en fait seuls Jeff Seffer, Louis Toesca, Teddy Lasry et, peut être, François Cahen y apparaissent, voir ici : http://magma.fan.free.fr/info010.html ).
Christian, Klaus et Francis Moze n'ont pas participé aux sessions d'enregistrement.

Je ne pense pas qu'Eddy ait longtemps suivi la musique de Magma, mais ce qu'il en dit en le résumant à "je l'ai reçue dans la figure... je l'aime. Ça s'arrête là" puis le passage en club (probablement le Gibus), laisseraient penser qu'Eddy trouvait cette musique poignante, forte et la démarche intéressante, mais sans véritablement la comprendre ni y adhérer.
Sur la seconde question, il voit juste en disant que la musique de l'un ou l'autre n'ouvre aucunement la curiosité des publics vers l'autre monde. C'est le moins que l'on puisse dire !

Dans la seconde interview, il précise bien qu'une partie seulement de Magma l'a accompagné sur scène auparavant (Jeff Seffer, Louis Toesca).
Enfin, sur la comparaison des musiciens anglo-saxons et français, Christian l'avait impressionné. (il n'est pas le seul !) Dans l'entretien, seuls certains batteurs français sont cités, ainsi que la qualité de nos cuivres, mais pour les autres, il fallait aller voir Outre-Manche !

Le reste de ces deux interviews est certes très intéressant mais hors de notre propos.
Au final, et avant un autre article centré sur Eddy, son album Zig-Zag et Magma, ce qui ressort de ces interviews est cette dualité fascination - incompréhension...

Extrait d'une interview de Jean-Bernard Hebey pour "Pop Music Superhebdo", n°103 du 06 avril 1972.
Extraits d'une interview de Jacques Leblanc pour "Pop2000", n°8 du17 août 1972.

Documents aimablement communiqués par Mike Lécuyer de  www.bluesfr.net

mercredi 12 décembre 2012

1 - Ils en ont parlé : Daevid Allen (Gong, 1971)

Dans le cadre des sujets à épisodes ("Magma Historia" dans Muzïk Zeuhl ou "La Première Foi" toujours dans le même fanzine), et, en toute modestie, je me propose de traiter des interviews de musiciens n'ayant pas oeuvré avec Christian Vander mais où il est question de Magma.
Je me propose de le faire de manière chronologique, cela permettant de voir l'impact, l'évolution de la perception et de l'influence de Magma au fil des ans.
Si vous y voyez des omissions, votre apport sera le bienvenu !
Seule la partie de l'interview traitant de Magma sera gardée. Ce qui ne change en rien le sens de l'extrait. 

Je commence par celle-ci, la plus ancienne que je connaisse, par un musicien qui reparlera quelques années plus tard de Magma et d'une toute autre manière.


Extrait d'une interview de Daevid Allen par Paul Alessandrini, tiré d'un article de Rock & Folk n°57 d'octobre 1971.

Nous sommes bien en 1971 (La musique pop), la France et l'Europe, au dire de Daevid, essayent de s'émanciper musicalement de l'Amérique, et déjà il dit de la musique de Magma qu'elle lui évoque des sonorités fortes, dures, rugueuses (Eisenstein & Ivan le Terrible), bref, rien à voir avec la couleur musicale de l'époque !

Enfin, reprochant aux chanteurs de langue française d'imiter le ton anglophone, il concède au Kobaïen de sortir de ce carcan.