lundi 23 septembre 2013

Caillou, un groupe auquel on ne jettera pas la pierre !

Voici le premier disque d'un groupe dont la création ne remonte qu'à 2011. Formation récente donc, qui a su garder toute son énergie initiale pour cet enregistrement. Il aura donc fallu un an avant de pouvoir être disponible via Soleil Zeuhl inaugurant ici une nouvelle branche par ce Soleil Mutant.
Beaucoup s'attarderont sur ce Caillou pour la présence de Philippe Gleizes que certains viennent de découvrir à l'occasion de sa participation aux concerts d'Offering. Il ne faudrait cependant pas oublier son travail depuis de nombreuses années aux côtés de Médéric Collignon, sa participation à United Colors of Sodom (qu'est donc devenu ce projet d'album ?) ou son propre Gleizcrew. Les autres protagonistes, également autodidactes (pas de hasard), n'ont certes pas un CV aussi relevé (dans les styles que nous évoquons ici) mais Caillou plus qu'une somme d'individualités recherche le son et l'impact d'un groupe et force est de constater que le résultat est à la hauteur de cette volonté.
Caillou se situe dans la droite ligne de ce qu'on appelait le jazz-rock avant qu'il ne dégénère en un concours de chorus aux visées olympiques. Retour au tout début des années 70 avec une musique à haute teneur énergétique : ça joue vite, ça joue fort même si le groupe s'accorde parfois quelques passages plus climatiques (le très réussi Spirales aux motifs répétitifs composé par Rudy Blas le guitariste du groupe, où Philippe Gleizes, sur le final, me fait furieusement penser à Tony Williams !).
Pour ceux qui aiment les assimilations faciles, Caillou ne fait pas partie de ces groupes "para-zeuhl" qui érigent quelques clichés magmaïens en système de composition. Il y a certes des clins d’œil, la présence du Fender joliment tenu par Mathieu Jérome, la basse parfois topienne de Charles Lucas et bien sûr, le jeu de Philippe Gleizes qui est, pour moi, le batteur qui a le mieux compris et assimilé le jeu et l'énergie du Christian Vander de la première époque, sans tomber dans le plagiat de par sa quête constante.
Voilà un disque qui constitue le parfait point de départ d'une aventure que l'on espère longue et fructueuse. Il serait dommage de passer à côté...

En vente ici

4 commentaires:

  1. https://soundcloud.com/#caillou1

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  2. Le site du groupe : http://blasrudy8.wix.com/caillou

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  3. Ce commentaire a été supprimé par son auteur.

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  4. Après avoir découvert Philippe Gleizes en tant qu’excellent batteur (avec Médéric Collignon, et, récemment, Offering de Christian Vander), le disque du groupe « Caillou » dont il est le leader est l’occasion de découvrir ses talents de compositeur. Cet album exclusivement instrumental (Philippe Gleizes, donc, à la batterie, Rudy Blas à la guitare, Matthieu Jérôme au Fender Rhodes et aux claviers et Charles Lucas à la basse) est composé de dix thèmes (ou peut-être même onze) dont la majorité sont de Philippe Gleizes lui-même qui livre ici des compositions à l’image de sa personnalité : les thèmes sont spontanés et directs, sans fioritures ni lourdeurs inutiles. L’album se déroule en climats obsessionnels prenants, bande sonore d’un film imaginaire dans lequel évoluent les créatures du Docteur Frankenstein (« Victor F. ») et Dracula, aux états d’âmes exposés entre tristesse contenue et rage fracassante (« Les Carpates », apocalyptique et sur le fil, mon thème préféré, aux prises de risques constantes). Dans ce voyage sonore, les compères du batteur ne déparent pas en proposant eux aussi de très belles compositions (le superbe « Spirales » du guitariste Rudy Blas, les « 200 toiles » du bassiste Charles Lucas). La batterie se fait tantôt discrète et caressante (le très beau et mélancolique « Hum hum » qui ouvre l’album, construit sur deux accords de guitare), tantôt explosive, toujours inspirée et au service de la musique. On évitera les comparaisons inutiles car il serait profondément injuste et réducteur de considérer cet album comme un avatar « Zeuhl » : si ces influences sont loin d’être niées et même nettement perceptibles, dans le très « Topien » « Tomahawk » par exemple, nous avons affaire à un excellent disque de jazz-rock vitaminé, entre masses sonores et motifs répétitifs amenant à la transe, au son très bien produit, dans la lignée des grands albums des années 70. Ne vous fiez pas à la pochette, ces musiciens-là ne sont pas des nains de jardin. Leur musique, c’est évident, ne demande qu’à prendre une dimension supplémentaire sur scène. Ainsi, en attendant avec impatience la suite (la deuxième partie de « Nébuleuse » par exemple ?), si vous le pouvez, n‘hésitez donc pas à vous rendre le 11 octobre au Triton (Les Lilas). Car ce n’est pas tout d’en parler, ni même de l’écrire, la musique ne s’explique pas avec des mots, il faut l’écouter, et la vivre !

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